Quand tu me dis Toujours,
Je rencontre l’ennui.
Pourquoi t’es pas à jour?
C’est con, ce que tu dis.
La ballade des canetons!

Un petit chemin
Mène à la rivière.
Et l’on voit passer
Et l’on voit passer.
Un petit chemin
Longe la rivière.
C’est un jour d’été,
C’est un jour d’été.
Trois petits canards
Ont suivi leur mère.
Ils vont se baigner,
Ils vont se baigner.
Trois petits canards
Cherchent la rivière.
Tous à cancaner,
Tous à cancaner.
C’est le temps du bain,
Pour les petits frères.
Ils vont s’amuser,
Ils vont s’amuser!
Trois petits canards
Nagent sur la rivière.
Et l’eau est sucrée
Et l’eau est sucrée.
Bientôt c’est demain,
Fredonne leur mère.
Le temps va passer,
Le temps va passer.
On l’entend de loin,
La voix de leur mère.
C’est un chant sacré,
C’est un chant sacré!
Il y’a du chambard,
Près de la rivière.
Que s’est-il passé,
Que s’est-il passé?
Trois petits canards
Appellent leur mère.
On en sait assez,
On en sait assez!
Trois petits canards
Ont perdu leur mère.
Le loup est passé,
Le loup est passé.
Trois petits canards
Pleurent des rivières.
Et l’eau est glacée
Et l’eau est glacée.
Un petit chemin
Mène à la rivière.
Et l’on voit passer
Et l’on voit passer.
Un petit chemin
Longe la rivière.
C’est un jour d’été,
C’est un jour d’été!
Chez Primo-Cercueil!
Tu mords dedans la chair!

La terre était de pierre,
Tu ne vois que du vent.
Tu mords dedans la chair,
C’est encore du serpent.
L’horizon fait des vagues,
Agite un mouton blanc.
La chaleur te divague,
Tu n’es plus très constant.
Tu as baissé ta garde,
Pour le temps d’un instant.
L’oiseau, qui te regarde,
Part avec ton serpent.
Tu t’allonges sur la terre
Et t’endors, en tremblant.
Des souffles de poussière
Viennent se mêler au vent.
Tu rêves à de la bière,
Pendant un court instant.
Une flèche incendiaire
Vient percer ton auvent.
L’ombre est de retour!
Le bruit de la ville!

Le bruit de la ville s’affaire,
L’heure n’est plus aux murmures.
Encore un jour ordinaire
Qui fait trembler les murs.
Le bruit de la ville s’apaise,
On écoute la nature.
J’ai les paupières qui me pèsent,
Quand j’entends ta voiture…
Le bruit de la ville s’achève
Et l’air redevient pur.
Ce n’est encore qu’une trève,
Il reprendra, c’est sûr.
Du soleil, à la louche!

C’est un tendre bestiaire
Fait de fleurs et de mouches.
Un lézard, en calvaire,
Du soleil fait sa douche.
Le chien vautré par terre,
L’oiseau en escarmouche.
Un rampant ver de terre,
L’aile du papillon louche.
Un bleu lavé pour l’air
Et du jaune en sous-couche.
De petites flèches de vert
Percent le gris qui se couche.
C’est un havre, sur Terre,
Ce printemps qui débouche.
Toute la vie à refaire,
Du bonheur à ta bouche!
De ces sons cristallins!
Le prince bancal!

Quand il est sur l’eau, il fait des ronds, des boucles, au lieu de filer comme le vent. C’est un danseur sur étang. Il en connaît les recoins, les humeurs, les instants. On le voit partout, ailleurs, quel que soit le temps. C’est un petit seigneur! Et c’est le seul qui reste, d’ailleurs.
Les autres se sont pris des pruneaux…




