La chanson des Invites!



Le soleil vient jeter
Un rayon outrancier
Le bourdon d’une abeille
Tire le champ du sommeil

Un frisson moutonnier
Ratisse le champ de blé
Et la vague se ramène
Inhérente au pollen



L’aube inhérente et belle
Accouche là d’une journée
Qu’elle offre à mes semelles
Je m’envoie balader

L’appel de la gamelle
Le ruisseau s’est caché
Se pose une demoiselle
Au bout de mon soulier

Il se ramène en slip
Pour qu’on tartouille son dos
Ça va pas assez vite
Il regarde le tuyau



Le soleil au zénith
Et l’horizon le quitte
Dans un coin ombragé
Se pend une araignée

Là c’est une femelle
Ses petits avec elle
Celui de l’an dernier
Et son lait est compté



Je défroisse mes semelles
Je vais encore marcher
Une journée aussi belle
Se vit en pointillés

Il s’égare assez vite
Portant le grand bateau
Prend son masque et deux briques
Objectif Commando

Il est parti trop vite
Il revient pour de l’eau
Et d’abord il m’implique
Je lui porte son bateau



La biche est à l’orée
Là-haut un épervier
La chaleur des labours
Et de gros nuages lourds

Un silence avéré
La chouette vient s’en mêler
La chauve-souris s’enfuit
De là nous vient la nuit



Il est toujours en slip
Mon tee-shirt lui plaît trop
Dans son œil qui lévite
Demain il fera beau

Demain l’aube nouvelle
J’aurai vécu assez
Je fais pas la vaisselle
Je me couche terminé



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Là où court le chevreuil!



Tu vas me raconter
Pire encore des bêtises
Tes lunettes sur ton nez
Te semblent une expertise

La brume est un écueil
Pour celui don de l’œil
Se regarde assez tôt

La sardine et le deuil
Le vol d’un écureuil
Comment trouver les mots

Je sors de mon cercueil
Et je vais sur le seuil
Accueillir un marmot

Il me balance un œil
Que je prend en plein œil
Il ressemble à Margot

Je le vois que d’un œil
Quand il franchit le seuil
Il est un matelot

Tu vas me raconter
Quand j’ai les deux mains prises
Un cours accéléré
Tes lunettes sont comprises




Tu vas me raconter
Ce que j’ai peine à suivre
Tes lunettes sont posées
En le cœur de mon livre

Je m’en vais boire de l’eau
Avec de ton sirop
Et peut-être un gâteau
Tu t’endors sur ton livre

Je vais jouer dans l’eau
Et faire mon numéro
Je serai un bateau
T’auras du mal à suivre

Je tiendrai un drapeau
Je serai caporot
Je sortirai de l’eau
Tu me verras survivre

Tu vas me raconter
Et là je pourrai suivre
Tes lunettes oubliées
Une histoire pour mon livre



Il a toujours un œil
Là où court le chevreuil
Autant pour le frigo

On dirait un pruneau
Quand elle tire son mégot
Et elle me met capot
Et je ne peux pas suivre

Il ne dort que d’un œil
S’envole avec les feuilles
Et revient pour tantôt

On dirait que ses mots
Sortent de son plumeau
Elle boit son apéro
Continue de poursuivre

Tu vas me raconter
Que t’étais obligé
De bouffer mes cerises

Tu vas me raconter
Que t’as jamais pété
En sortant de l’église







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La prière des inconstants!



Par l’odeur de la terre
Et la fraîcheur du vent
Par l’onde nécessaire
Qui se meut vers l’étang

Par le sang de la guerre
Par la peur des enfants
Et la grande misère
Qui attend les parents

Par le blé qui prospère
Par la couleur des champs
Et la grande colère
Qui fracture les instants

Par le rire d’un grand-père
Et la joie des enfants
Par le chant de naguère
Qui sort du feu changeant

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Dans les mots du Second!

À cette époque, on essuyait une tempête. J’étais le Capitaine et, mes matelots, c’était pas des brillants cerveaux, à part peut-être le Second. Il se colle derrière moi, « Mon Capitaine, libre à vous de secouer ces glaviots! » Je lâche la barre; il s’en empare. On s’en est bien tirés et de la tempête et des idiots. L’autre fois, c’était tantôt, que je sors du tableau, sans raisons précises. « Je sais pas quand ça va; mais, je sais quand ça va pas et je regarde toujours l’heure des églises. » Ce sont les mots du Second, aujourd’hui Capitaine.

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La lune serait ta sœur!

« Je voudrais que tu vives sous la pluie de bisous que nous donne
Le ciel. Regarde et n’aie pas peur, maman ; la lune serait ta sœur. »

Où est-il, cet enfant? Qu’est-il devenu? Il vit à Chamonix.
Il élève deux enfants. Le dernier a fini deuxième. Parfois,
La grande lui demande de faire un canard, dans son café.
Petit, il faisait exactement pareil ; sa mère répondait pas!

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Sous une pluie bleu sale!


L’aube étoit un chagrin
Qui revient davantage
A chaque tour de reins
Comme à force d’usage

Dessous la pluie bleu sale
D’un trop pressant hiver
Il marche le visage pâle
Des gouttes à sa visière

L’aube étoit sans entrain
Et conforme aux usages
On ressert quelques mains
On travaille davantage

Son genou est bancal
Et il marche de travers
Dessous la pluie bleu sale
Il referme les barrières

L’aube étoit un chemin
S’il faut tourner la page
Qui tient jusqu’au matin
Et peut faire davantage

Il a ses deux mains sales
D’avoir touché la terre

Sous le tonnerre qui râle
Son rire sonne très clair

L’aube étoit un demain
Qui n’a plus jamais d’âge
On se prend par la main
On sourit davantage

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Un papillon franchit l’entrée!



Des chants nous reviennent des semailles; un papillon franchit
L’entrée. Va falloir qu’on y aille, sans trop traîner.
Le vent jette un fétu de paille sans intérêt …

On a arpenté les voies, pour trouver la gamine. Elle jouait, près
Du ruisseau. Elle a souri, quand on l’a retrouvée.
Le vent jette un fétu de paille sans intérêt …

Elle voit la pente, au dessous d’elle, se glisser vers le bas. Ses
Bâtons sous l’aisselle, elle file encore tout droit.
Le vent jette un fétu de paille sans intérêt …

Elle est partie, pour les urgences, vers les Terres Effondrées.
Mais, de toute évidence, elle ne va pas rentrer.
Le vent jette un fétu de paille sans intérêt …

Les temps prennent l’odeur du son; c’est en cours de semaine,
Les moissons. Va pas falloir tarder à tout rentrer.
Le vent jette un fétu de paille sans intérêt …

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Tout là-haut est un cri!


Il a un nid d’aigle, au dessus de la rivière.
Il n’y vient presque pas; il y était hier.
Quand il s’ennuie, des fois, il regarde tout en bas.

Et l’oiseau sur sa branche, qui s’étire dans son nid,
A ses ailes qui penchent pour couvrir son petit.
Tout là-haut est un cri qui transperce les nuages.
Un rapace vit ici; il est dans les parages.

Et c’est la chauve-souris qui s’effile dans la nuit.
A la même heure aussi, les oiseaux sont partis.
Les cavaliers de nuit viennent tendre l’orage.
Il se peut que la pluie lui apprenne davantage.

Il a un nid d’aigle, au dessus de la rivière.
Et personne ne vient là; c’est bien trop solitaire.
Quand il s’ennuie, des fois, mais il ne s’ennuie pas.

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Timothée avançait!



Timothée en avait plein les pattes et cela se voyait. Le soleil était sur
La branche; le ciel était crémeux. Au lointain, on voyait quelque part.
Timothée avançait au hasard des chemins poussiéreux.

C’est un petit Trébuchet, aux Accents de mémoire
Et aux bois Arrondis. Ici, une pierre Tombale qu’on
Sait pas qui c’est dit. Plus ici, un journal d’offenses!

Timothée tirait sa révérence au printemps éhonté. Il revenait pour sa
Vieille et ce qui peut compter. Dans les landes, il retint son absence.
Le jour faisait de la résistance et Timothée avançait.

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Le vent grelet parle à mes sens!

Les flammes tourbillonnent en un flux lent; leur reflux est à peine perceptible. Le vent est parcellaire; il peigne les herbes. La chaloupe inclinée protège leurs yeux du phare; ils dorment sur des couvertures. Les craquements du feu sont les seuls bruits sur la grève. Le vent grelet parle à mes sens; ils sont toujours là-bas. Le soleil est jaune; une corneille se pose sur la chaloupe, à l’affût de quelque miette. Le temps passe lentement; un chien s’évade, en longeant la crête …

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