La pluie qui te fait peur!


La pluie qui te fait peur,
C’est un truc tout mouillé
Qui vient, pour ton malheur,
T’interdire de sorter.

Ce n’est pas que t’as peur,
Mais tu es horrifié.
J’aurai froid, tout à l’heure
Et j’ai pas pour changer!

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Le héron, à marcher!


J’ai pas pris de bouquin,
Ni de crayon-papier.
Je me pose, tel un chien,
Au bout de la jetée.

Si la brume est bizarre,
Le vent n’est pas hostile.
Et un nuage blafard
Se dirige vers la ville.

J’ai pas pris de bouquin,
Ni de crayon-papier.
Toute façon, j’y vois rien.
Je sais pas dessiner.

Une claquée de nageoires,
Un clapotis tranquillle.
Au bout du promontoire,
On se croit sur une île.

Je vois plus le chemin,
Je vais devoir rentrer.
Une chouette crie au loin.
J’essaie de l’imiter…

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Parfois, la neige est si blanche!


Je nais dans une aube sans nuances,
Où le soleil est étranger.
Je marche sur l’ombre de l’enfance,
Pour lui apprendre à avancer.
C’était hier encore, je pense,
Que je cherchais à exister.

Je vis dans un caisson étanche
Que je m’efforce d’oublier.
Et, parfois, la neige est si blanche
Que je ne sais plus quoi penser.
Si, dés lundi, j’attends dimanche,
J’ai pas le goût de me hâter.

Je meurs dans une folle absence,
J’ai passé ma vie à douter.
Et pour un instant de présence,
Je suis prêt à tout redonner.
Alors, n’y voyez pas offense,
Je vais arrêter de parler.

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Il faut pas le toucher!


Car c’est un droit de frère
Que rester son complice.
Quoi que fasse mon frère,
Il n’y a pas de malice.

Une vie sans malice,
Sans rien à préempter.
Une sainte horreur du vice,
Pitié pour les damnés!

Et c’est mon droit de frère,
Je vais le défender.
Si tu ramènes ton air,
Je vais te l’aplater.

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L’hiver est morte-vive!


L’hiver est morte-vive,
D’une extrême pâleur.
Et plus rien ne s’active,
Sinon dans la douleur.

La mémoire s’exhaustive
Et dit d’attendre l’heure,
La lumière réactive
De la neigeuse blancheur!

L’hiver est morte-vive,
C’est-y-pas un malheur.
Elles seront décisives,
Nos envies de couleur…

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Comme un mouchoir!


J’ai écrit une lettre
Qui t’était destinée,
Sur un comptoir.

J’ai ouvert la fenêtre,
Pour aller y gueuler :
T’es un connard!

Et j’ai repris ma lettre
Et je t’ai écrivé
Ces mots notoires :

Quand tu liras ma lettre,
Tu m’entendras gueuler :
T’es un connard!

J’ai refermé ma lettre
Et puis, je l’ai jetée
Comme un mouchoir.

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Un dernier, on n’en parle plus!


C’est ainsi qu’il dit à ma mère :
Un dernier, on n’en parle plus!
C’est ainsi que parla mon père
Et ma mère n’a rien répondu.

Et c’est tant qu’il tanna ma mère,
C’est dire tant qu’il était têtu.
Elle le fit, surtout pour lui plaire,
Ce dernier qu’elle n’a pas voulu.

Et je n’ai pas connu mon père,
Il partit, avant ma venue.
Et je dois l’amour de ma mère
A cet homme qui était têtu!

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