
C’est aussi mon église; je ne peux
Y rester que par inaction.
Quelques fois, je me promène sans
Emmerder et ça se passe bien.
C’est aussi mon église et elle est
Dans la Nature, ce qui est bon!

To Pierre-Pierro, Correspondances
Un sourire, un poème!

Calme, tranquille et sans effort apparent, il marche, dessus la lande,
Dans le petit matin frais. Ses souliers sentent la bruyère et il entend
Les oiseaux et il parle aux vents qui se hasardent. La lande est alors
Un piège ouvert ; tout au bout de l’allée, il y aura l’étang. Le soleil est
Rouge-orange ; dépassent trois joncs verts. La vie va commencer …

Marcher sur la lande, dans l’odeur brisée du soir
La bruyère frissonne, brossée par un vent léger
Un rapace plonge et crie, effrayant un renard
Une chauve-souris se met à papillonner
Marcher, puis se rendre et écouter le hasard
Dans les bois bordants, on entend un pas pressé
Écouter, sans bruit, le chant de l’oiseau du soir
Et l’odeur des genêts qu’on devra traverser
Marcher et comprendre ce que l’on est venu voir
Une lune en argent commence à s’inquiéter
Deux grands yeux qui attendent vont briller dans le soir
Pour ne pas se blesser, rentrer en pointillés

Le vent était tout autour. Le soleil penchait bas;
Il allait bientôt céder. Une corneille attendait ça.
Si tout autant que j’avançais, je me diluais;
Mon ombre pâle s’accrochait à mon pas.
Le vent ratissait les légendes sur la lande et dans les genêts. Au milieu,
Un petit bout de récif tout vieux; une mousse verte s’y tient accrochée.
Le vent s’apaisait; les labours étaient fumants.
On entendait l’effraie depuis un certain temps.
Si tout autant que j’avançais, je me diluais
Et mon ombre pâle s’accordait avec moi.

Un oiseau morne crie
Et prolonge son habit
Un papillon de nuit
Il pleut sur l’herbe tendre
J’entends râler la pie
S’éloigne un milan gris
Le chat qui a compris
S’endort sans plus attendre
Dimanche après-midi
La pluie aura repris
Et sa musique aussi
L’eau s’écoule en méandres
Un escargot poli
Glisse sur un fil de pluie
Le papillon s’enfuit
Le ciel semble se fendre
Je vois un rideau gris
Qui ratisse le pays
La mouche qui atterrit
Ne sait plus me surprendre

Vient le vent qui s’accroche au portail;
Je vais m’assoir devant.
Vient le temps et toutes ses funérailles;
Je vais m’assoir devant.
Vient le chant de cet épouvantail;
Je vais m’assoir devant.
Le printemps est le temps des semailles;
Je vais m’assoir devant.
Et l’Autan vient secouer les clochailles;
Je vais m’assoir devant.