Le bébé est anglais!



Un bébé acharné
Tire sur un pot de lait
Encore il est tombé
Il se gratte le mollet

Le bébé du passé
A du sang de navet
Il se met à pleurer
Dedans son bol de lait

C’est son premier été
Un peu comme il voulait
Il lèche comme un bébé
Une glace au sorbet

C’est sa dernière année
Bébé a ses brevets
Sans vraiment travailler
Et sans trop de regrets

Il tient fort un bébé
Sur son cœur à jamais
Il retourne travailler
Il bosse pour des anglais

Il pleure comme un bébé
Assis sur ses mollets
Son garçon peut entrer
Dans l’école qu’il voulait

Le bébé a changé
C’est celui du cadet
Et même qu’en vérité
On dirait pas un vrai

Il dort comme un bébé
Dit sa femme en anglais
Pour pas le déranger
Car il a des projets

Il est un peu ridé
Et son dos est défait
On lui tend le bébé
D’un gamin qu’il connaît

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Le silence devient complet!



La fraîcheur qui entoure mon être est bousculée par un petit vent docile. Le silence est déjà là. Dans un coin de ma fenêtre, un oiseau dort, tranquille. La course de la feuille morte et le glas du milan dans le ciel s’inscrivent dans le marbre, et, le silence devient complet!

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À le Sens de la Vie!


Je pense, en ma demeure, à le sens de la vie
Un papillon qui meure tombe comme un lundi
J’attends la première heure et j’attends vendredi
Un rayon de lueur se plante dans mes yeux gris

Je pensais, par erreur, que j’étais tout petit
Le rayon de lueur, il est petit aussi
Un papillon qui pleure se recouvre de gris
J’attends qu’il ait moins peur, que la lueur le lie

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C’est un sentiment profond!


C’est un sentiment profond
Une griffure avec deux tons
Un peu comme la vague
Se déchire ventre au sable
Un devoir d’abandon
Un plus grand terrain vague
Un accroc véritable

C’est un sentiment profond
Le point d’orgue de l’un des tons

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Tirez pas les oiseaux!


Je sais pas ce qu’elle fout, la cigogne! C’est pas conventionnel; elle est toujours en retard. Apparemment, elle ferait du low-cost. Les langes des petits anges sont en polychromite; ils pètent à l’élastique et on n’a droit qu’à deux couleurs; en plus, elles font des heures et, du coup, les bébés tombent un peu partout. L’autrefois, il en est tombé un chez nous; il a atterri dans la mare. C’est le premier enfant canard! Il ne sort pas de l’eau. Il flotte sur le dos, les yeux dans les étoiles; ça, c’est plutôt la nuit. Le jour, il flotte aussi. Sa mère et moi, on n’ose pas s’approcher, tellement il est beau; on le regarde flotter. Tirez pas les oiseaux!

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S’il a été violent?


S’il a été violent? Ah, non. Il leur a pété les ratiches; ils ont juste
Assez de dents pour sucer un poireau. Il est là, il t’attend; je l’ai
Mis dans le frigo. Si j’ava été violent avec lui? Je crois pas, non.

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Il était dans la salle!

Il a son cœur qui bat; il est profondément calme. Il a des amours dans la salle; il ne les regarde pas. L’instant est sidéral; il a pensé à ça et il s’est absenté. Il s’est accoudé au bar; il a commandé à boire, pour avoir des cacahuètes. Après, il est sorti dans la rue, respirer le frais. Il est revenu s’asseoir et il n’a plus bougé.

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C’est un oiseau qui gère ma vie!


C’est un oiseau qui gère ma vie;
Parfois, un poisson aussi.
Le dimanche, je leur jette du pain.

Aujourd’hui, j’ai pas d’appétit
Et, parfois, même je m’oublie.
Cette chance, je vois un écureuil.

J’ai ma famille qui vient lundi;
Ma dent me fait plus souci.
En revanche, je ne dors que d’un œil.

C’est un oiseau qui gère ma vie
Et, parfois, le ciel est gris.

Par prudence, je m’ai gardé du vin.

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L’odeur de café-tabac!


Alors, mon oncle est entré, tremblant comme un jouet cassé.
L’abri de ses bras. Je me souviens de ça, l’odeur de café-tabac.

Mon oncle m’a regardé, trois mots dans ses dents serrées.
L’abri de ses bras, odeur café-tabac et il m’a dit: Je te crois.


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