Sous une pluie bleu sale!


L’aube étoit un chagrin
Qui revient davantage
A chaque tour de reins
Comme à force d’usage

Dessous la pluie bleu sale
D’un trop pressant hiver
Il marche le visage pâle
Des gouttes à sa visière

L’aube étoit sans entrain
Et conforme aux usages
On ressert quelques mains
On travaille davantage

Son genou est bancal
Et il marche de travers
Dessous la pluie bleu sale
Il referme les barrières

L’aube étoit un chemin
S’il faut tourner la page
Qui tient jusqu’au matin
Et peut faire davantage

Il a ses deux mains sales
D’avoir touché la terre

Sous le tonnerre qui râle
Son rire sonne très clair

L’aube étoit un demain
Qui n’a plus jamais d’âge
On se prend par la main
On sourit davantage

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Un papillon franchit l’entrée!



Des chants nous reviennent des semailles; un papillon franchit
L’entrée. Va falloir qu’on y aille, sans trop traîner.
Le vent jette un fétu de paille sans intérêt …

On a arpenté les voies, pour trouver la gamine. Elle jouait, près
Du ruisseau. Elle a souri, quand on l’a retrouvée.
Le vent jette un fétu de paille sans intérêt …

Elle voit la pente, au dessous d’elle, se glisser vers le bas. Ses
Bâtons sous l’aisselle, elle file encore tout droit.
Le vent jette un fétu de paille sans intérêt …

Elle est partie, pour les urgences, vers les Terres Effondrées.
Mais, de toute évidence, elle ne va pas rentrer.
Le vent jette un fétu de paille sans intérêt …

Les temps prennent l’odeur du son; c’est en cours de semaine,
Les moissons. Va pas falloir tarder à tout rentrer.
Le vent jette un fétu de paille sans intérêt …

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Deux grands yeux qui attendent!


Marcher sur la lande, dans l’odeur brisée du soir
La bruyère frissonne, brossée par un vent léger
Un rapace plonge et crie, effrayant un renard
Une chauve-souris se met à papillonner

Marcher, puis se rendre et écouter le hasard
Dans les bois bordants, on entend un pas pressé
Écouter, sans bruit, le chant de l’oiseau du soir
Et l’odeur des genêts qu’on devra traverser

Marcher et comprendre ce que l’on est venu voir
Une lune en argent commence à s’inquiéter
Deux grands yeux qui attendent vont briller dans le soir
Pour ne pas se blesser, rentrer en pointillés

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Devant l’étang brumeux!



J’allais quelquefois là-bas, pêcher dans l’étang.
J’y allais assez tôt, afin d’y retrouver la brume.

Il aurait rencontré les châtelains et ils ont bien sympathisé.
Ils ont beaucoup parlé du parc. Il avait un travail, puis aussi
Une aimée ; un peu, il peignait. Ils l’ont logé au pavillon bleu,
Contre sa présence et un peu d’entretien. Le parc, c’est ce
Qui l’intéressait ; il y Passait son Temps. Il a peint un étang,
Sous une brume légère. Il a dit que, vraiment, On pouvait le
Faire. Il a dit qu’il peut le faire; eux, ils ont allongé les francs.

L’étang est favorable,
Autant qu’il est secret.
Une faune considérable
Profite de ses attraits.

L’étang est agréable,
A voir sous ses reflets.
La brume se fait variable,
Sous le soleil discret.

Lui, il est parti. Eux, quand ils ont vieilli, ils sont
Revenus habiter là, devant l’étang brumeux …

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On l’embarque et on part!


A priori, elle aime
Se moucher sans mouchoir.
Elle confond le système,
En cassant ses rasoirs.

Et si j’en crois la scène,
Il est là, quelque part.
Plus peureux qu’un hymen,
Il a des idées noires.

Au demeurant, elle aime
Se coucher sans mémoire.
Elle écrit des poèmes,
Avec du sang très noir.

On n’a pas la semaine;
Il est, déjà, trop tard.
Celui qui se ramène,
On l’embarque et on part.

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Le vent ratissait les légendes!



Le vent était tout autour. Le soleil penchait bas;
Il allait bientôt céder. Une corneille attendait ça.
Si tout autant que j’avançais, je me diluais;
Mon ombre pâle s’accrochait à mon pas.

Le vent ratissait les légendes sur la lande et dans les genêts. Au milieu,
Un petit bout de récif tout vieux; une mousse verte s’y tient accrochée.

Le vent s’apaisait; les labours étaient fumants.
On entendait l’effraie depuis un certain temps.
Si tout autant que j’avançais, je me diluais
Et mon ombre pâle s’accordait avec moi.

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Tout là-haut est un cri!


Il a un nid d’aigle, au dessus de la rivière.
Il n’y vient presque pas; il y était hier.
Quand il s’ennuie, des fois, il regarde tout en bas.

Et l’oiseau sur sa branche, qui s’étire dans son nid,
A ses ailes qui penchent pour couvrir son petit.
Tout là-haut est un cri qui transperce les nuages.
Un rapace vit ici; il est dans les parages.

Et c’est la chauve-souris qui s’effile dans la nuit.
A la même heure aussi, les oiseaux sont partis.
Les cavaliers de nuit viennent tendre l’orage.
Il se peut que la pluie lui apprenne davantage.

Il a un nid d’aigle, au dessus de la rivière.
Et personne ne vient là; c’est bien trop solitaire.
Quand il s’ennuie, des fois, mais il ne s’ennuie pas.

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Dimanche après-midi!



Un oiseau morne crie
Et prolonge son habit
Un papillon de nuit
Il pleut sur l’herbe tendre


J’entends râler la pie
S’éloigne un milan gris
Le chat qui a compris
S’endort sans plus attendre


Dimanche après-midi
La pluie aura repris
Et sa musique aussi
L’eau s’écoule en méandres


Un escargot poli
Glisse sur un fil de pluie
Le papillon s’enfuit
Le ciel semble se fendre


Je vois un rideau gris
Qui ratisse le pays
La mouche qui atterrit
Ne sait plus me surprendre

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Timothée avançait!



Timothée en avait plein les pattes et cela se voyait. Le soleil était sur
La branche; le ciel était crémeux. Au lointain, on voyait quelque part.
Timothée avançait au hasard des chemins poussiéreux.

C’est un petit Trébuchet, aux Accents de mémoire
Et aux bois Arrondis. Ici, une pierre Tombale qu’on
Sait pas qui c’est dit. Plus ici, un journal d’offenses!

Timothée tirait sa révérence au printemps éhonté. Il revenait pour sa
Vieille et ce qui peut compter. Dans les landes, il retint son absence.
Le jour faisait de la résistance et Timothée avançait.

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