
Une route solitaire
Que d’apprendre à se taire.
Une voie dégagée
Que d’apprendre à parler.
Mais il y a plus probant :
Faire les deux en même temps!

Un sourire, un poème!

Ce sont Des Anges, de Tout petits Anges, bien acclimatés. Ils
Comprennent Les Signaux; ils s’arrêtent au Feu rouge. Après,
Faut les pousser; mais ne les pousser pas trop, sinon ils Vont
Cavaler. T’as beau les mettre en Fluo et les faire clignoter, on
T’en écrase Un sur Douze et ce dans les meilleures années !!

La pluie tombe sur l’auvent
Dimanche après-midi
J’ai le cul sur le banc
Le thé dans les sourcils
La pluie tombe sur l’auvent
Dimanche après-midi
J’ai le cœur d’un enfant
Qui sourit à l’ennui
La pluie tombe sur l’auvent
Dimanche après-midi
Le chat dort sur le banc
Il est venu aussi
La pluie tombe sur l’auvent
Dimanche après-midi
Je rêvasse un moment
En écoutant les bruits
La pluie tombe sur l’auvent
Dimanche après-midi

« Je voudrais que tu vives sous la pluie de bisous que nous donne
Le ciel. Regarde et n’aie pas peur, maman ; la lune serait ta sœur. »
Où est-il, cet enfant? Qu’est-il devenu? Il vit à Chamonix.
Il élève deux enfants. Le dernier a fini deuxième. Parfois,
La grande lui demande de faire un canard, dans son café.
Petit, il faisait exactement pareil ; sa mère répondait pas!

Au printemps de l’univers,
Il y eut une bataille
Entre le bien et le mal.
La bataille se passait bien.
Les démons avaient du chien;
Les anges usaient des prières.
Personne voulait lâcher rien.
Alors, un mal pour un bien,
Ils remettaient le couvert.
Les deux camps ne valaient rien.
Mais, ça leur faisait du bien
De s’adonner à la guerre.
Au printemps de l’univers,
Il y eut une bataille
Entre le mal et le bien …

Calme, tranquille et sans effort apparent, il marche, dessus la lande,
Dans le petit matin frais. Ses souliers sentent la bruyère et il entend
Les oiseaux et il parle aux vents qui se hasardent. La lande est alors
Un piège ouvert ; tout au bout de l’allée, il y aura l’étang. Le soleil est
Rouge-orange ; dépassent trois joncs verts. La vie va commencer …

J’entends la pluie sur les cailloux
Je ne vois pas les champs
Je me suis cogné le genou
Là-bas, en descendant
C’est heureux qu’on arrive au bout
Car j’ai froid, pour autant
J’entends la pluie sur les cailloux
Je ne vois pas vraiment
Il se plaint comme un marabout
Qui a besoin d’argent
Et il n’en peut plus, tout à coup
Soudain, c’est un enfant
Il a un peu peur du hibou
Mais, il sait pas vraiment
Et il se plaindra jusqu’au bout
Encore, en s’endormant
J’entends la pluie sur les cailloux
Au loin, poussent les champs
Mon enfant dort sur mes genoux
Ses mèches se plient au vent
C’est chanceux qu’on soit pas chez nous
Et qu’on soit dans les temps
J’entends la pluie sur les cailloux
Je m’endors et je l’entends

Il s’est installé dans la maison du bas, celle avec la cheminée, deux fauteuils devant, la grande table derrière. Il a posé ses affaires sur la table et il est sorti chercher du bois. Il a trouvé du café, deux bières au frigo. Il a lancé la cafetière et il est allé s’asseoir devant l’âtre, emportant les deux bières. Un moment, il a lu un journal qui traînait là. Il a repris ses affaires; il a éteint la lumière; puis, il est reparti; c’était plus de minuit.