
Une route solitaire
Que d’apprendre à se taire.
Une voie dégagée
Que d’apprendre à parler.
Mais il y a plus probant :
Faire les deux en même temps!

Un sourire, un poème!

Le vent était tout autour. Le soleil penchait bas;
Il allait bientôt céder. Une corneille attendait ça.
Si tout autant que j’avançais, je me diluais;
Mon ombre pâle s’accrochait à mon pas.
Le vent ratissait les légendes sur la lande et dans les genêts. Au milieu,
Un petit bout de récif tout vieux; une mousse verte s’y tient accrochée.
Le vent s’apaisait; les labours étaient fumants.
On entendait l’effraie depuis un certain temps.
Si tout autant que j’avançais, je me diluais
Et mon ombre pâle s’accordait avec moi.

Il a un nid d’aigle, au dessus de la rivière.
Il n’y vient presque pas; il y était hier.
Quand il s’ennuie, des fois, il regarde tout en bas.
Et l’oiseau sur sa branche, qui s’étire dans son nid,
A ses ailes qui penchent pour couvrir son petit.
Tout là-haut est un cri qui transperce les nuages.
Un rapace vit ici; il est dans les parages.
Et c’est la chauve-souris qui s’effile dans la nuit.
A la même heure aussi, les oiseaux sont partis.
Les cavaliers de nuit viennent tendre l’orage.
Il se peut que la pluie lui apprenne davantage.
Il a un nid d’aigle, au dessus de la rivière.
Et personne ne vient là; c’est bien trop solitaire.
Quand il s’ennuie, des fois, mais il ne s’ennuie pas.

Un oiseau morne crie
Et prolonge son habit
Un papillon de nuit
Il pleut sur l’herbe tendre
J’entends râler la pie
S’éloigne un milan gris
Le chat qui a compris
S’endort sans plus attendre
Dimanche après-midi
La pluie aura repris
Et sa musique aussi
L’eau s’écoule en méandres
Un escargot poli
Glisse sur un fil de pluie
Le papillon s’enfuit
Le ciel semble se fendre
Je vois un rideau gris
Qui ratisse le pays
La mouche qui atterrit
Ne sait plus me surprendre

Timothée en avait plein les pattes et cela se voyait. Le soleil était sur
La branche; le ciel était crémeux. Au lointain, on voyait quelque part.
Timothée avançait au hasard des chemins poussiéreux.
C’est un petit Trébuchet, aux Accents de mémoire
Et aux bois Arrondis. Ici, une pierre Tombale qu’on
Sait pas qui c’est dit. Plus ici, un journal d’offenses!
Timothée tirait sa révérence au printemps éhonté. Il revenait pour sa
Vieille et ce qui peut compter. Dans les landes, il retint son absence.
Le jour faisait de la résistance et Timothée avançait.

J’ai trouvé sa maison. Il vit dans l’entrecoin de deux murs.
Au dessus, il reste du plancher. Il habite là; il y était hier.
Il ne parle pas très bien; il répond à mes questions.
Il ne parle pas longtemps; il attise le feu , le regarde.
J’ai trouvé sa maison. Il y dort entre deux couvertures.
Au dessus, par des luets, il voit des bouts de la nuit !!
Il ne parle pas très bien; il attise le feu et le regarde.
Cela lui suffit pour m’oublier, en une transe légère !!