Assis sur le parvis!


Au loin flotte une vieille dame toute enchevelée
Puis je vois le gamin passer le portillon
Il n’a pas vu la vieille; son gilet est terni
Je l’attends sur le parvis; la vieille s’est figée

C’est à l’Oeuvre de dire son âme; elle est commencée
Et le pas du gamin touche la frondaison
Quelques fois, cette année, il vient s’asseoir ici
Au loin flotte une vieille dame toute enchevelée

C’est à l’Oeuvre de dire son âme; elle est convoquée
Puis je vois le gamin se caler dans le fond
Quelquefois réprouvé, il égare ses soucis
Au loin flotte une vieille dame toute enchevelée

Au loin flotte une vieille dame toute enchevelée
Je vois le gamin repasser le portillon
On se fait société, assis sur le parvis
Car j’en suis un aussi; la vieille n’a pas bougé

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La colère des enfers!


Le printemps s’est zébré
De différentes chimères
Des démons sont tombés
En été sur la terre

Une étrange destinée
Mêle le sang à la terre
Alors qu’en vérité
Sont là les chiens de guerre

L’automne a vu tomber
Le grand chemin de fer
Courent les chevaux glacés
D’un trop fringant hiver

Une étrange vérité
S’est répandue sur terre
Les vents vont apporter
La colère des enfers

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La chanson des Invites!



Le soleil vient jeter
Un rayon outrancier
Le bourdon d’une abeille
Tire le champ du sommeil

Un frisson moutonnier
Ratisse le champ de blé
Et la vague se ramène
Inhérente au pollen



L’aube inhérente et belle
Accouche là d’une journée
Qu’elle offre à mes semelles
Je m’envoie balader

L’appel de la gamelle
Le ruisseau s’est caché
Se pose une demoiselle
Au bout de mon soulier

Il se ramène en slip
Pour qu’on tartouille son dos
Ça va pas assez vite
Il regarde le tuyau



Le soleil au zénith
Et l’horizon le quitte
Dans un coin ombragé
Se pend une araignée

Là c’est une femelle
Ses petits avec elle
Celui de l’an dernier
Et son lait est compté



Je défroisse mes semelles
Je vais encore marcher
Une journée aussi belle
Se vit en pointillés

Il s’égare assez vite
Portant le grand bateau
Prend son masque et deux briques
Objectif Commando

Il est parti trop vite
Il revient pour de l’eau
Et d’abord il m’implique
Je lui porte son bateau



La biche est à l’orée
Là-haut un épervier
La chaleur des labours
Et de gros nuages lourds

Un silence avéré
La chouette vient s’en mêler
La chauve-souris s’enfuit
De là nous vient la nuit



Il est toujours en slip
Mon tee-shirt lui plaît trop
Dans son œil qui lévite
Demain il fera beau

Demain l’aube nouvelle
J’aurai vécu assez
Je fais pas la vaisselle
Je me couche terminé



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Là où court le chevreuil!



Tu vas me raconter
Pire encore des bêtises
Tes lunettes sur ton nez
Te semblent une expertise

La brume est un écueil
Pour celui don de l’œil
Se regarde assez tôt

La sardine et le deuil
Le vol d’un écureuil
Comment trouver les mots

Je sors de mon cercueil
Et je vais sur le seuil
Accueillir un marmot

Il me balance un œil
Que je prend en plein œil
Il ressemble à Margot

Je le vois que d’un œil
Quand il franchit le seuil
Il est un matelot

Tu vas me raconter
Quand j’ai les deux mains prises
Un cours accéléré
Tes lunettes sont comprises




Tu vas me raconter
Ce que j’ai peine à suivre
Tes lunettes sont posées
En le cœur de mon livre

Je m’en vais boire de l’eau
Avec de ton sirop
Et peut-être un gâteau
Tu t’endors sur ton livre

Je vais jouer dans l’eau
Et faire mon numéro
Je serai un bateau
T’auras du mal à suivre

Je tiendrai un drapeau
Je serai caporot
Je sortirai de l’eau
Tu me verras survivre

Tu vas me raconter
Et là je pourrai suivre
Tes lunettes oubliées
Une histoire pour mon livre



Il a toujours un œil
Là où court le chevreuil
Autant pour le frigo

On dirait un pruneau
Quand elle tire son mégot
Et elle me met capot
Et je ne peux pas suivre

Il ne dort que d’un œil
S’envole avec les feuilles
Et revient pour tantôt

On dirait que ses mots
Sortent de son plumeau
Elle boit son apéro
Continue de poursuivre

Tu vas me raconter
Que t’étais obligé
De bouffer mes cerises

Tu vas me raconter
Que t’as jamais pété
En sortant de l’église







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Je le sais puisque c’est lui!



Je le sais parce que c’est lui
Il est dans les buissons
Il observe par ici
Et il écoute les sons


Il reviendra dans la nuit
Contournant la maison
Et il viendra par ici
Devant le paillasson

Il se penche il étudie
La chaleur du salon
Et puis notre absence aussi
Il fait bien attention


Je le sais puisque c’est lui
Et à son intention
J’ai écrit : Si tu me lis
Entre dans la maison

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Le bébé est anglais!



Un bébé acharné
Tire sur un pot de lait
Encore il est tombé
Il se gratte le mollet

Le bébé du passé
A du sang de navet
Il se met à pleurer
Dedans son bol de lait

C’est son premier été
Un peu comme il voulait
Il lèche comme un bébé
Une glace au sorbet

C’est sa dernière année
Bébé a ses brevets
Sans vraiment travailler
Et sans trop de regrets

Il tient fort un bébé
Sur son cœur à jamais
Il retourne travailler
Il bosse pour des anglais

Il pleure comme un bébé
Assis sur ses mollets
Son garçon peut entrer
Dans l’école qu’il voulait

Le bébé a changé
C’est celui du cadet
Et même qu’en vérité
On dirait pas un vrai

Il dort comme un bébé
Dit sa femme en anglais
Pour pas le déranger
Car il a des projets

Il est un peu ridé
Et son dos est défait
On lui tend le bébé
D’un gamin qu’il connaît

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La prière des inconstants!



Par l’odeur de la terre
Et la fraîcheur du vent
Par l’onde nécessaire
Qui se meut vers l’étang

Par le sang de la guerre
Par la peur des enfants
Et la grande misère
Qui attend les parents

Par le blé qui prospère
Par la couleur des champs
Et la grande colère
Qui fracture les instants

Par le rire d’un grand-père
Et la joie des enfants
Par le chant de naguère
Qui sort du feu changeant

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Dans les mots du Second!

À cette époque, on essuyait une tempête. J’étais le Capitaine et, mes matelots, c’était pas des brillants cerveaux, à part peut-être le Second. Il se colle derrière moi, « Mon Capitaine, libre à vous de secouer ces glaviots! » Je lâche la barre; il s’en empare. On s’en est bien tirés et de la tempête et des idiots. L’autre fois, c’était tantôt, que je sors du tableau, sans raisons précises. « Je sais pas quand ça va; mais, je sais quand ça va pas et je regarde toujours l’heure des églises. » Ce sont les mots du Second, aujourd’hui Capitaine.

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Le silence devient complet!



La fraîcheur qui entoure mon être est bousculée par un petit vent docile. Le silence est déjà là. Dans un coin de ma fenêtre, un oiseau dort, tranquille. La course de la feuille morte et le glas du milan dans le ciel s’inscrivent dans le marbre, et, le silence devient complet!

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Comme aux Temps de la Lyre!


Comme l’enfant qui refuse de sourire
Comme l’oiseau qui voudra repartir
Comme le vent quand il nous fait courir
Comme le dos qui commence à souffrir

Comme la joie et la peur de s’enfuir
Comme le froid qui viendra nous saisir
Comme la proie quand elle est en délire
Comme la foi et le droit de partir

Comme le temps qui nous aide à construire
Comme le flot de larmes et de soupirs
Comme les gens quand ils s’entendent rire
Comme le beau qui sait tout conquérir

Comme le mot qui va disconvenir
Comme le veau qui demande à mourir
Comme le chaud d’un canapé en cuir
Comme le pot qui va nous réunir

Comme l’enfant qui viendra nous sourire
Comme l’oiseau qui voudra revenir
Comme le vent quand il tisse un empire
Comme le dos qui va encore servir


Comme l’instant qui viendra nous quérir

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