La petite vieille!

Que fait, sur la route, cette vieille éclopée?

Elle s’efforce à marcher comme nous, sans doute.
Pour aller plus loin que le bout de son nez
Et, pour une fois, mettre l’ennui en déroute!

Elle prend la lumière et va s’oxygéner.
L’air du temps, c’est dehors qu’on le sent, en fait.
La vieille est, peut-être, limitée par ses pieds.

Mais les alouettes chantent encore à sa tête!

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Le chant des sirènes!

Tant et tant de marins,
Et tant de capitaines,
Séduits par le refrain
De la jolie sirène!

Marins et capitaines
Disparaissent dans la nuit.
Rien ne nous les ramène.
La sirène les a pris!

Tu es un phénomène!
Tu as de l’appétit.
Combien d’hommes, sirène,
Entasse-tu dans ton lit?

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Mélangeons les couleurs!

Quelles seraient les couleurs de la vie?

Moi, je dirais du vert et parfois du gris.
Du gris quand on se trouve pris dans ses affaires.
De ce vert qui vous réchauffe et vous réjouit.
Ce vert-chaleur qui vous fait aimer la terre!

Dans le vert, se mêlent le bleu et le jaune.
Ajoutons quelques pétales de rouge!
Avec ce qui est ou n’est pas aphone,
La Vie, avec ce qui bouge et ne bouge.




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Vert sur pierre!

Quand on repeint sa chaumière,
Aux couleurs de l’été,
C’est de chaume et puis de vert,
Qu’il faudrait s’équiper!

C’est tout auprès de toi, pierre,
Que, moi, je veux rester.
Avec des fleurs et le vert,
Que deviendrait la pierre
Dans les yeux d’un jardinier?

Une partie du toujours beau,
Toujours lié à du vert.
Et pour appuyer son dos,
La muraille de pierre!

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A la pêche aux voix!

Le pêcheur politique
Vous appâte au mystic!

Le prêcheur politique
Vous appelle au Civique!
Il ne parle qu’à vos peurs,
Cet apôtre de malheur!

Il dit : Regarde bien
Le bel hameçon qui vient.
Prends-le et tiens le bien.
N’en laisse pas au lesbien!

Sur l’hameçon, il n’y a rien.
Une babiole aux indiens,
Un bel os pour ton chien.
Une laisse pour les tiens!

Pourquoi as-tu gobé
Ce bel hameçon doré,
Qui n’est pas appâté?
A quoi as-tu pensé?

Le pêcheur politique
Vous enfume, dramatique!

Ainsi pêche le rupin,
Cynique et opportun.
Il t’a, au baratin.
Et toi, tu n’y vois rien!

Tel, fait le parvenu,
Sinistre et corrompu.
Tu te jettes dessus,
Un bel hameçon tout nu!

On attrape le fretin,
Disant vouloir son bien,
Et on ne donne rien.
Ils sont trop, ces vilains!

Le pêcheur politique
Se permet, vous critique!

Le prêcheur politique,
Du moment qu’il vous nique,
Vos droits et vos cerveaux,
Il s’en gausse tout haut!

Le prêcheur politique,
Du moment qu’il vous nique,
Rit, vous montre du doigt,
Tout à son entre-soi!

Le pêcheur politique
Vous attrape au mystic!

Le gardon est marron.
Sa retraite touche le fond.
Et, comme de bon aloi,
Il perdra tous ses droits!

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Sur les limbes!

Les limbes étaient mon domaine, autrefois.
On m’a envoyé sur terre. Je ne sais pas pourquoi.
On vous largue en pleine brousse, sans vous dire quoi faire.
Si c’est un jeu, il est miteux. Il n’est vraiment pas clair.

Les limbes sont faites, à la fois, de tout et de rien.
Ce n’est pas facile de les dire à quelqu’un qui n’en sait rien.
Des mondes qui changent et renaissent, chaque matin.
Un chaos salutaire, où tout est un choix.
Tu te fais une forteresse, en claquant des doigts.
Il y a toujours eu un monde pour chacun.
Cela ne va pas changer avant la St-Glinglin.
Chacun son monde privé, même s’il est incertain!

Dans les limbes, il y a Saturnin,
Dévoreur de mondes et enfant de putain!
Des mondes qu’il annexe, le maître est envoyé au loin.
Au confins des limbes. Il n’y a pas plus lointain!

S’il approche des grands espaces que j’arpente,
Je ne ferai pas que lui mettre un coup pied au ventre.
Je me dis que j’ai faim et que je vais le dévorer,
Lui, Saturnin, qui tant des miens a bouffé!

Les limbes ne seront pas ton cimetière.
Pas de Repose en paix pour toi, là-bas.
Saturnin, je te renvoie en enfer!

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Reste à l’ombre!

Et si, un jour, ton ombre cessait de t’imiter?

Moi, ça m’arrive parfois.

La première fois, elle m’a fait des fucks et s’est mise à danser, quand j’avais le dos tourné. J’ai du fermer mes dents pour que mon coeur reste en dedans!
Encore maintenant, il y a des moments où mon ombre fait ce qui lui plaît.

Mon ombre est bien plus forte, à la lumière.
Elle trépigne pour qu’on aille se promener.
Elle s’étire devant. Elle s’étire derrière.
Elle essaie, tout le temps, de se barrer.

Elle aurait foutu le camp, depuis longtemps, si rien ne la retenait!

Depuis le temps, on a appris à communiquer, elle et moi.

Je sais que je vais tomber, quand mon ombre est agitée.
Ce n’est pas bon pour moi, quand mon ombre est aux abois.

On ne se sépare jamais. On s’est habitués, l’un à l’autre, tout compte fait.

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Un rêve confondant!

Mon gamin m’a raconté son rêve de ce matin.

J’ai rêvé que, partout sur terre, il faisait vingt degrés.
La température continue d’augmenter.
Je me dis que c’est le début de la fin!

Est-ce que ton rêve est prémonitoire?
Je ne suis pas pressé de le savoir!

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Alerte, il ne pleut que sur toi!

En cette fin de matinée, les nuages s’accumulent et s’assombrissent.
C’en est déjà fini de notre balade d’après-midi.
J’observe dehors et je me surprend à penser à un nuage particulier.
Un nuage tout petit et très gris!

Vous ne me croirez peut-être pas. Moi, je l’ai vu plusieurs fois. Il se tient au-dessus de quelqu’un. Il l’efface lentement de chagrin.
On se retourne. On voit le nuage, au-dessous rien. On ne se rappelle déjà plus. On se demande s’il y avait bien eu quelqu’un.

Je le vois, de temps en temps, dans la foule, accroché à un passant.
Un passant triste et lent!
Le lendemain il ne vient plus au bar où il allait souvent.

Maintenant, je ne regarde plus le ciel, ou plus vraiment. J’essaie d’éviter. Quand la pluie ruisselle sur un chaland particulier, là, je lève les yeux et j’affronte le nuage pour qu’il ne puisse pas voler toute une identité!

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