Une petite âme seule
Dedans le froid livide
Regarde passer le vent
Il observe une mouche
Qui se saoule gentiment
Dans une goutte de vin blanc
Puis il essuie sa bouche
Et fait crisser ses dents
Pose une pièce de cinq francs
Une petite âme seule
Dedans le froid livide
Regarde passer le vent
C’est une sombre marée!

L’onde est sombre, profonde et noire
On entend siffler le vent
L’eau a des reflets changeants
La plage est sous conditions
L’oiseau crie à l’horizon
L’onde est noire, profonde, notoire
Sous sa pellicule d’argent
Où la lune se mire dedans
C’est une sombre marée
Et le ciel s’est occulté
D’un long travers de nuages
L’onde est sombre, profonde et noire
C’est une sombre marée
Et elle vient lécher la plage
Le temps commence à ralentir!

Le temps commence à ralentir
Les enfants continuent de courir
Ils ont encore le ressort de l’été
Les oiseaux commencent à partir
Les parents continuent de tenir
L’horloge recommence à servir
Et le feu ne veut pas repartir
Le temps commence à ralentir
Les enfants continuent de courir
Il fera noir plus tôt dans la journée
Sorti de l’ombre!
En minces filets de brume!
Une petite pluie transverse!
À part le rideau d’eau!
Devant le café-tabac!
La pluie tombe sur l’auvent!

La pluie tombe sur l’auvent
Dimanche après-midi
J’ai le cul sur le banc
Le thé dans les sourcils
La pluie tombe sur l’auvent
Dimanche après-midi
J’ai le cœur d’un enfant
Qui sourit à l’ennui
La pluie tombe sur l’auvent
Dimanche après-midi
Le chat dort sur le banc
Il est venu aussi
La pluie tombe sur l’auvent
Dimanche après-midi
Je rêvasse un moment
En écoutant les bruits
La pluie tombe sur l’auvent
Dimanche après-midi
Comme ça, il apprend!

— Est-ce que tu as une personne de confiance vers qui tu peux te tourner?
— Oui, mon oncle! Mais, je lui ai pas dit car il va aller cogner mon père et il est beaucoup plus petit.
— Il est comment, ton oncle?
— Il est gentil, tout doux. Il a pas fait beaucoup l’école. Il me ramène des cailloux, quand il rentre de vacances. Moi, je les montre au prof ; comme ça, il apprend.





