A côté de l’enfant triste!

Chaque jour, chaque matin, l’enfant triste venait pleurnicher sur son banc.
Chaque jour, chaque matin, à la même heure, une vielle dame s’asseyait à ses côtés.
La bouche de l’enfant restait si fermée qu’il ne parlait jamais.
Alors, la vieille dame s’est mise à l’écouter, comme ça, en ne disant rien!
Longtemps, longtemps, cela dura longtemps.
Un jour, la vieille dame fit tomber ses clefs, tout à fait par erreur.
L’enfant triste se précipita pour les ramasser.
Il les lui tendit et la vieille dame lui dit : « Merci! ».

Ont-ils échangé un peu ensemble, par la suite?
Non, le lendemain à la même heure, la vieille dame s’asseyait près d’un enfant seul, dans un autre parc!

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En mode survie!

Son corps mince lové sous un rocher,
Il ne savait pas pourquoi il courait.
Il essayait de respirer, de se calmer.

Très jeune, à peine quatorze ans!
Il était sûr de fuir un danger.
Il allait dormir, là, un moment.
Et si, demain, ça recommençait?
Cela faisait longtemps qu’il courait!

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Ce n’est pas moi, 2!

Cacophonie sur esclandre ou pain bénit aux amandes?

Deux s’étaient faits remarquer pour leur gaieté.
Vois, ils sont là-bas, assis à côté de l’estropié!

J’espère que la vie ne te piquera pas du venin de Cagliostro.
J’espère que tu ne rencontreras pas un sournois, jouant les alter-égos.
On rencontre de tout dans le métro!

A gauche, à droite, en arrière!
Mais comment tu avances, ver de terre?

Décoloré, comme une pizza qui aurait dormi plus que nécessaire!


C’est encore mon stylo qui fait de lui-même.
Il veut écrire des trucs vicieux. Heureusement, je le freine!

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Micro-polar!

— Un truc facile au départ. J’étais payé pour bien le cogner parce qu’il dérangeait. « Qu’il s’en souvienne! »
Je le coince dans une ruelle, dans le noir.
Alors que j’armais pour le frapper, il a dit : « Regarde-moi! ».
Tout en moi s’est arrêté. Je l’ai regardé.
Dans ses yeux-miroir! Il a dit : « Bienvenue chez toi! ».


— Vous l’avez cogné, oui ou non?
— Non!

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Ce n’est pas moi, 1!

Il faut bien battre les gueux et leur casser les oeufs.
L’omelette sera plus facile à faire!

Un gravichon maladroit s’efforçait de remonter la pente.
Il avait beau se tenir tout droit, il retombait, à chaque fois.

A cause de la peur dans son ventre!

Je ne sais pas ce que tu as contre cet anchois-angora.
Il ne date pourtant pas des années 40!

Suivre la bulle du niveau, se mettre au niveau zéro.
Au niveau étrange, nuance!

— T’as compris quoi?
— Il ne faut pas que le camembert tombe dans la mer.
Un truc comme ça!

Ce n’est pas moi, c’est mon stylo.
Quand je rêvasse, il écrit n’importe quoi!

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Console-moi!

L’escalier descend,
J’avance lentement.
Je franchis des portes,
Traverse des écrans,
Pendant un moment.
Je n’ai plus d’escorte!

Je ramasse des bidules,
je bidouille des machins
Et j’en oublie la porte.
Et j’oublie la pendule
Et j’ai peur d’avoir faim,
Coincé, devant une porte!

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Sur le vent!

Garnement, un jour, j’ai attrapé une pensée qui passait.
Elle s’est vite insérée dans mon esprit pressé.
Elle a rongé mes entraves et s’est transformée en rêve-éveillé.
J’étais à l’âge où l’enfant vit dans le vent et n’écoute plus les grands.

Elle disait : « Tu le sais, toi, que tu peux voler! »

Je me suis exercé, en rêve, pendant tout un été.
Un soir, j’ai osé et je me suis lancé, du haut d’un clocher.
Je suis arrivé à planer et j’ai atterri sur le toit de la mairie.
J’étais vachement excité. Je vole enfin. Silence, surtout!
J’ai continué à m’exercer, très sérieux à l’entraînement.
Le vol, ça se passait pas mal. Au décollage, il ne fallait pas se rater!
C’était tellement vrai! Alors, un jour, j’ai tenté de voler dans la réalité.
Cela a marché un court instant et puis la gravité s’est manifestée.

Comment je procédais?
Dans une pente, face au vent, je cours un peu, pour l’élan.
Je ressens le vent. J’écarte les bras et appuie mes mains sur lui.
Je fais un bond léger et je me mets à décoller. Pas loin, au début.
Puis, de plus en plus! Je plane un peu comme un écureuil-volant.
Sauf que ce sont mes mains et mes pieds qui me portent.
Des fois, le vent est un mur et j’ai l’air d’un cerf-volant.
Des fois, je peux m’appuyer franchement et je vais de l’avant.

Depuis le temps, je me suis perfectionné.
Je plane encore un peu, de temps en temps.
Pour m’amuser ou parce que le vent m’a appelé.
Je passe au-dessus du village, cherchant où me poser.
Je regarde, d’en haut, la vie d’en bas. Je reste un moment.
Parfois, il y a quelqu’un qui est là, qui vole comme moi.
Puis, je repars chercher ce que je suis venu trouver.

Je suis peut-être un peu bête, mais encore maintenant!
Encore maintenant, je sens que je peux le faire en vrai.
Je suis particulièrement tenté, les soirs de grand vent!

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La Bête rôde!



Affamée, en surnombre,
La bête attend son heure.
Et, c’est dans ces bois sombres
Que vit ce prédateur.

Elle a trop peur de l’homme,
Pour se nourrir de lui.
De la bête de somme,
Le sang lui fait envie.

C’est une grande chauve-souris!


Corvée de bois, jusqu’au bord de la nuit. Les hommes sont fatigués.
On range le matériel et on charge, tant qu’on peut, la charrette.
Le cheval veut rentrer et se met à piaffer. Les jeunes veulent rentrer.
Ce soir, c’est fête au village. Il y a le magicien, arrivé ce matin.
Sur la place, l’accordéon fera danser filles et garçons.
Alors, on se dépêche, on ne fait plus attention.
Un grand oiseau bizarre plonge sur le canasson.
Le temps de prendre les triques, il le suce comme un tique.
Il s’enfuit dans la nuit, par les hommes poursuivis.
Morsure empoisonnée, le fier animal faiblit.
On détache la charrette et on rentre au village, à pas ralenti!




Affamée, en surnombre,
La bête attend son heure.
Et, c’est dans ces bois sombres
Qu’est notre prédateur.

La bête s’en prend à l’homme
Et lui glace le coeur.
Elle ne chasse que l’homme,
C’est notre prédateur.

Son vrai nom, c’est la Peur!


Les hommes, fourbus, s’évertuent à pousser la charrette.
Le cheval n’en peut plus, tant et tant on l’a chargée.
Les arbres se mettent à bruisser. Les coeurs se mettent à taper.
Les hommes pensent que la bête se tient, là, tout à côté.
Il ne faut pas se retourner. Regarder en arrière lui permet d’approcher. Les hommes se surveillent. Un vient à craquer, tous sont en danger.
Il y a deux étés, on a retrouvé, dans ces bois, le chariot du gros Jean.
La cargaison était intacte, mais ses passagers s’étaient envolés.
La bête a encore frappé, hier. Elle a pris la Marie qui courait, affolée.
Ne pas regarder en arrière! Les lueurs du village sauront les rassurer.
Alors, tout sera terminé!

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A la croisée des chemins!

— Je l’ai vu, je l’ai vu. Ecoute-moi! Je l’ai vu. Il était encore là!
— Je t’écoute. Tu l’as vu. De quoi parles-tu? Qui ça?
— Celui de la dernière fois. Il était à la croisée des chemins.
Je l’ai vu. Il me regardait!
— Tu es sûr? Qu’est-ce qu’il faisait? Il ressemblait à quoi?
— Il ressemblait à un type, tout grand et tout maigre.
Il ne faisait rien, il regardait vers moi!
— Je te crois. Viens, on va aller voir. Donne-moi ta main!
— Il était là. Il m’a regardé de loin et puis il est parti!

On a marché, sous le ciel violacé. Les sapins tremblaient.
On s’est arrêté à la croisée des chemins. Il n’y avait rien!

Peu de temps après, nous avons décidé de déménager.
J’ai prétexté vouloir nous installer plus près de sa mère.
Il ne s’est plus rien passé, le type ne s’est pas manifesté.
Le gamin est serein. Il dort bien et il voit plus ses copains.

Un jour, quand il sera plus grand, je parlerai à mon gamin.
A son âge, je l’ai vu, ce grand type maigre qui l’observait.
Mais, personne ne me croyait. Il restait là, à me regarder!

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Soir de canicule!

Je rejoins ce nuage laiteux où je dépose mon sommeil. Enfin, ce monde fabuleux où tout me précède. Je me couche, je m’endors et je me lève!

D’une terrasse bleue, je regarde un grand champ herbeux et, au loin, deux soleils. Sur une échasse, un abomiffreux peint des nuages et chancèle. Son pot de couleurs se renverse et s’écoule en rivière.
Plus rien, alors, ne protège du chaud ce monde aux criquets gourmands qui lorgnent vers moi, maintenant.

Je me recouche, dans mon rêve, pour aller ailleurs.

Je suis chez moi. J’ai du trouble avec ma chaudière.
Trop chaud, l’air me cuit la peau. La sueur colle mon dos.

Je crois trouver un monde avec de l’eau, mais voilà que je me réveille.
Je regrette de ne pas avoir chercher, plutôt, le monde du vent.

J’aurais pu me confier à ses courants d’air.

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