Où est-il, notre enfant?


Où est-il, notre enfant
Qui arpentait la rue?
C’était il y’a longtemps.
Qu’est-il donc devenu?

Où est-il, notre enfant?
Qu’en est-il advenu?
Tu l’aimais, fut un temps.
L’as-tu donc reconnu?

Où est-il, notre enfant
Que tu avais perdu?
Il n’est pas important,
Tu ne te souviens plus!

Où est-il, notre enfant,
Triste enfant de la rue?
C’était il y’a longtemps.
A-t’il donc disparu?

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Ah, ces mômes!

Les mômes, c’est quand ils font les mômes qu’ils nous réjouissent.
Quoi qu’il se passe, ils jouent, toujours et partout, comme des chats.
Oh, il ne pourra pas t’aider dans ton travail, comme il l’a tant promis.
Une bulle est passée, flottant dans l’air. Il court après, il est déjà parti!
S’il vient, ce sera sa tête entre le marteau et le clou. C’est toi qui vois!

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De mon ambition!


Je rêve d’une poésie
Qui chante la vaisselle,
Les humeurs du mari
Et l’odeur des aisselles.
,
Je veux être cet outil
Qui, entre tous, excelle
A trouver le joli,
Dans le sac de poubelles.

Je veux être le produit
Qui, comme au lave-vaisselle,
Enlève le moisi
Et redonne l’étincelle.

Je rêve d’une poésie
Qui me serait fidèle.
Qu’on trouverait jolie,
A défaut d’être belle!

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J’ai suivi le chemin!


J’ai suivi le chemin,
Aussitôt vent m’emporte.
Je n’ai plus de besoins
Et ma passion est morte.

Si le monde est chagrin,
Mon âme est encore forte.
Je tends encore la main
Et, des fois, je m’exporte.

J’ai suivi le chemin
Qui me mène à ma porte.
Je connais mes besoins
Et tout ce qui m’importe.

Le verre à demi plein
Se remplit à l’eau forte.
Et je fais un refrain
De ce que vent m’apporte!

J’ai suivi le chemin
Qui me mène à ma porte.
Je n’ai plus de besoins
Ou bien je fais en sorte.

Il n’y a rien de certain.
Le présent, seul, importe.
Il n’est pas de demain.
Le jour est à ma porte!

J’ai suivi le chemin
Qui me mène à ma porte.
Je n’ai besoin de rien,
Ni de peur, d’aucune sorte.

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Ce matin, la lumière…


Un brouillard, en couvercle,
Entoure notre jardin.
Très dense, il nous encercle.
Au loin, on ne voit rien.

La lumière est spéciale,
Elle peut tout détailler.
Elle est jaune et s’étale
Sur tous les gris froissés.

C’est une carte postale
D’un vieil hier jauni.
Si beau et si spectral!
Il n’y a pas un bruit.

Je me crois sur la lune,
Sur une île isolée.
Allons chercher fortune,
Essayons de marcher!

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Si près du ciel!



Un grand vent de froid rêche
Écorche la montagne.
Le brouillard se dépêche
Et commence à grimper.

L’ombre étend ses longs doigts,
Au fond, dans la vallée.
Et au-dessus des toits,
On voit de la fumée.

Le col est un désert
Qui flirte avec le ciel.
Et, en bas, les lumières
Sont trop artificielles.

Mais si la solitude
Est le prix à payer,
Prendre de l’altitude
Fut ma meilleure idée!

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A chaque carrefour!


La vie est un détour,
Bienvenue ici-bas,
Qui met un carrefour
A chacun de nos pas.

A gauche, on recommence.
A droite, c’est le trépas.
Si on a de la chance,
On ne s’arrête pas.

Repartir en arrière
Ou allonger le pas?
Traverser la frontière
Et puis aller tout droit!

La vie est un détour,
Bienvenue ici-bas,
Qui met un carrefour
A chacun de nos pas.

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Les maîtres de la guerre!


Les maîtres de la guerre,
On vient de les convoquer.
Les barbares, les chimères
Se rangent à leurs côtés.

Nos dieux, qui ont pris peur,
Regardent de l’autre côté.
Le silence et l’horreur
Règnent sur la vallée.

Tout au long de la crête,
On voit de grands feux brûler.
Les armées sont fin prêtes,
Ils vont bientôt charger.

Ce n’est pas une histoire,
Que je pourrais inventer.
Consultez la mémoire,
Tout va recommencer!

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Sur une terre étrangère!


On n’est plus que deux, sur terre.
On marche, mon enfant et moi.
La terre est un vrai cimetière,
On ne compte plus jusqu’à trois.

La terre est un four solaire,
Réversible pour le froid.
Si la terre tourne à l’envers,
On essaie de marcher droit.

Mon enfant est mort, hier,
Si mal protégé du froid.
Mon môme est parti, hier.
Je n’avance que de guingois.

Il n’y a plus que moi, sur terre.
Cela fait de moi un roi.
Sur cette terre étrangère,
Moi, je vais, à petits pas!

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