Il pleut sur les entours!


Tout au bout du parcours,
Au détour d’un détour,
J’ai encore moi tomber.

Dans le creux d’un labour,
Jusqu’à la fin des jours,
Je me suis allongé.

Dans le fond d’une cour,
Un cheval de retour
S’est remis sur ses pieds.

Il pleut sur les entours;
Il est à contre-jour
Et me tape du nez.

Non, ce n’est pas ton tour
Et tu gênes les labours.
Laisse-moi travailler!

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Les bois n’ont pas changé!




J’étais là, avec toi.
On était dans les bois,
Au printemps de l’été.

Tu marchais comme moi
Et on ne parlait pas;
J’entendais les souliers.

Il ne faisait pas froid;
On voyait, quelquefois,
Un brin d’oiseau pousser.

C’est pas la première fois
Qu’on allait dans les bois,
Pour aller s’aérer.

Tu marchais près de moi
Et le son de ta voix
S’est mis à vaciller.

T’as parlé de la joie
Qui gouvernait en toi
Et qui t’est retirée.

On était dans les bois
Et, dans un grand fracas,
Ma foi s’est écroulée.

Je savais pas dire quoi
Et la bête de moi,
Très fort, t’a enserré.

On était dans les bois;
Je me souviens de ça,
Le jour où j’ai mouré.

J’étais là, avec toi.
On était dans les bois,
Dans le printemps d’été.

Quand je vais dans les bois,
Je revois, quelquefois,
Un brin d’oiseau pousser.

Et toujours, je les vois
Et toujours, je les crois;
Les bois n’ont pas changé!

Bisoux, je pense à toi.
Je t’appelle autre fois;
Un oiseau va germer!

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Toujours, elle nous sourit!

Un jour, mama Yoté a croisé un fusil,
Un fusil pour tuer et avoir des envies.

Quand je l’ai regardée,
Le sourire dans son visage;
Elle y pensait aussi.

Elle m’a consolée,
Le jour de mon témoignage;
Je n’avais plus d’amies!

Toujours, elle nous sourit.

J’étais emmailloté
Dans le coeur de son corsage.
Moi, j’étais son petit.

Elle m’a répliqué:
Ne fais pas de commérage,
Puisque c’est ton ami.

Un jour, mama Yoté a reçu un écrit
Où c’était écrivé les mots qui tuent la vie.

Elle m’avait envoyé
Chercher un truc au village;
Je n’avais rien compris.

C’est quand elle a sauvé
Le vieux chien, au marécage.
Personne ne court ainsi!

Toujours, elle nous sourit.

Des mots sont raturés,
En bas de la première page:
A Yoté pour la vie!

Tous les mômes du quartier
Adorent quand elle les présage;
Elle a beaucoup grossi.

Un jour, mama Yoté a revu un esprit
Et l’esprit a crié: Demain, c’est pas fini!

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Quand Truccule danse!


Longues pattes réactives à la forme d’un pinceau,
Elle bouffe tout ce qui vive à la lumière de l’eau.
Toute son aile est olive et du blanc au cerveau.
Selon les perspectives, c’est le roi des oiseaux.

C’est si tant qu’elle est vive qu’on sait pas son plumeau.
Sinon, tu la vois pas; elle se cache comme un rat,
Et puis son trémolo, il est pas vraiment beau.

La Truccule pédoncule; alors son col est beau.
Le grand cygne recule et va pleurer sous l’eau.
Elle danse, Truccule, tout en peignant les eaux
Et colle la libellule à la gauche du tableau.

C’est dans un ballet-bulles qu’elle fait en tapant l’eau
Que la grande Truccule finit son numéro.
Sinon, tu la vois pas; elle se cache comme un rat.

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L’odeur de café-tabac!


Alors, mon oncle est entré, tremblant comme un jouet cassé.
L’abri de ses bras. Je me souviens de ça, l’odeur de café-tabac.

Mon oncle m’a regardé, trois mots dans ses dents serrées.
L’abri de ses bras, odeur café-tabac et il m’a dit: Je te crois.


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Vers la ligne du fort!


Il est là, allongé, sous linceul, sur la table
Et tu déverses l’eau qui ruisselle sur son corps.

Quand il courait là-bas,
Vers la ligne du fort,
C’était pas pour le roi,
C’était pas vers la mort.

Il est là, allongé, sous linceul, sur la table.
Tu regardes couler l’eau, libre à elle, sans efforts.

Quand il courait là-bas,
Vers la ligne du fort,
C’était pas pour la foi,
C’était pas pour de l’or.

Il est là, allongé, sous linceul, sur la table;
Tu laves avec de l’eau le restant de son corps.

Quand il courait là-bas,
Vers la ligne du fort,
Il était vent et loi,
Il était le plus fort.

Il est là, allongé, sous linceul, sur la table
Et tu déverses l’eau qui ruisselle sur son corps.

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La mer à traverser!



Et voilà qu’il s’en va, la mer à traverser.
Il sait où, on sait pas; il aime bien naviguer.

Bien sûr, il était mince, tel un enfant de bois.
Il paraît qu’il en pince pour la fille à Clara.

Et voilà qu’il est là; il revient de rentrer.
On ne sait toujours pas; il veut rien raconter.

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Une nuit d’automne!


Il s’est fait un sifflet d’un doigt de noisetier;
Le son qu’il en tirait se couchait à ses pieds.

Tombent s’il en pleuvait les étoiles de l’été;
Le feu qui le chauffait le faisait toussotter.

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On était en Octembre!


L’eau calme frissonnait, sous le vent dentelé.
Le vent se courrouçait et bagarrait les branches.
Une ombre longue et maigre étendait ses filets.
On était en octembre; on était un dimanche.

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