Une petite âme seule
Dedans le froid livide
Regarde passer le vent
Il observe une mouche
Qui se saoule gentiment
Dans une goutte de vin blanc
Puis il essuie sa bouche
Et fait crisser ses dents
Pose une pièce de cinq francs
Une petite âme seule
Dedans le froid livide
Regarde passer le vent
C’est un naufrage!
Histoire brève!
Bien sûr, elle se rappelle!
C’est une sombre marée!

L’onde est sombre, profonde et noire
On entend siffler le vent
L’eau a des reflets changeants
La plage est sous conditions
L’oiseau crie à l’horizon
L’onde est noire, profonde, notoire
Sous sa pellicule d’argent
Où la lune se mire dedans
C’est une sombre marée
Et le ciel s’est occulté
D’un long travers de nuages
L’onde est sombre, profonde et noire
C’est une sombre marée
Et elle vient lécher la plage
Le temps commence à ralentir!

Le temps commence à ralentir
Les enfants continuent de courir
Ils ont encore le ressort de l’été
Les oiseaux commencent à partir
Les parents continuent de tenir
L’horloge recommence à servir
Et le feu ne veut pas repartir
Le temps commence à ralentir
Les enfants continuent de courir
Il fera noir plus tôt dans la journée
Sorti de l’ombre!
En minces filets de brume!
Sur le grand terrain vague!
Le rêve de l’Oiseau d’été!

Le vent colporte à mon adresse
Des pas des pas qui viennent vers moi
C’est un bref moment de clarté
Une tendresse brève inachevée
Un oiseau a repris ma plume
Et la remet dans son costume
Un oiseau, un oiseau s’enrhume
L’oiseau se pose sur le bitume
Le vent me dit qui m’intéresse
C’est toi car aujourd’hui c’est toi
C’est un instant de vérité
Que sans cesse rêve l’oiseau d’été





