À cette époque, on essuyait une tempête. J’étais le Capitaine et, mes matelots, c’était pas des brillants cerveaux, à part peut-être le Second. Il se colle derrière moi, « Mon Capitaine, libre à vous de secouer ces glaviots! » Je lâche la barre; il s’en empare. On s’en est bien tirés et de la tempête et des idiots. L’autre fois, c’était tantôt, que je sors du tableau, sans raisons précises. « Je sais pas quand ça va; mais, je sais quand ça va pas et je regarde toujours l’heure des églises. » Ce sont les mots du Second, aujourd’hui Capitaine.
La fraîcheur qui entoure mon être est bousculée par un petit vent docile. Le silence est déjà là. Dans un coin de ma fenêtre, un oiseau dort, tranquille. La course de la feuille morte et le glas du milan dans le ciel s’inscrivent dans le marbre, et, le silence devient complet!
Comme l’enfant qui refuse de sourire Comme l’oiseau qui voudra repartir Comme le vent quand il nous fait courir Comme le dos qui commence à souffrir
Comme la joie et la peur de s’enfuir Comme le froid qui viendra nous saisir Comme la proie quand elle est en délire Comme la foi et le droit de partir
Comme le temps qui nous aide à construire Comme le flot de larmes et de soupirs Comme les gens quand ils s’entendent rire Comme le beau qui sait tout conquérir
Comme le mot qui va disconvenir Comme le veau qui demande à mourir Comme le chaud d’un canapé en cuir Comme le pot qui va nous réunir
Comme l’enfant qui viendra nous sourire Comme l’oiseau qui voudra revenir Comme le vent quand il tisse un empire Comme le dos qui va encore servir
Des fois, quelquefois, le vent me dit des mots. Une Branchette en fouette une autre et c’est bientôt la Pluie. La pluie efface les écrits que le vent avait mis. La branchette plie, avec de l’eau sous son ventre et C’est bientôt la nuit; il va falloir que je me rentre !!