Une nuit d’automne!


Il s’est fait un sifflet d’un doigt de noisetier;
Le son qu’il en tirait se couchait à ses pieds.

Tombent s’il en pleuvait les étoiles de l’été;
Le feu qui le chauffait le faisait toussotter.

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On était en Octembre!


L’eau calme frissonnait, sous le vent dentelé.
Le vent se courrouçait et bagarrait les branches.
Une ombre longue et maigre étendait ses filets.
On était en octembre; on était un dimanche.

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S’te plait, s’te plait!



S’te plaît, s’te plaît!
Mets du lait dans ma bière.

S’te plaît, s’te plaît!
Va jeter mon p’tit frère.

S’te plaît, s’te plaît!
Ne dis rien à ma mère!


Tais-toi, tais-toi!
T’es privé de dessert.

Tais-toi, tais-toi!
Je suis encore ton père.

Tais-toi, tais-toi!
Lâche un peu ton p’tit frère.

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Le silence est présent!


La lune vient et déplace
Les abords de la place
Et l’ombre et puis le vent
Se déchirent doucement.

Entre temps et espace,
La lune tombe et se casse.
Dans le fond d’un étang,
Naît un objet brillant.

La nuit sombre se glace;
Déjà, la lune se lasse.
C’est le coeur du moment;
Le silence est présent!

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A ma toute petite mère!




Quand que, moi, j’avais dix ans,
J’habitais où elle habite
Et ça faisait rire les glands:
J’avais une mère toute petite.

Mais, sais-tu que c’est géant
D’avoir une mère toute petite?
Tu ne fais plus le serpent,
Collé à une jambe en frite.

C’est pas un inconvénient
D’avoir une mère toute petite;
Tu te colles, entier-gluant,
Dans tout elle et t’en profite!

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Les mots de Barnabé!


Le radio n’a pas tort;
On est encerclés.
On attend les renforts
Qui viennent pour clamser.

Y’en a un qui s’endort;
Il est fatigué.
Il fait plus un effort;
Lui, c’est Barnabé.

Y’en a un qui est fort;
Il fait que jurer.
Tiens, le noir n’est pas mort;
On le fait durer.

Ah, voilà le raccord;
Ils ont consommé.
Et, comme il pleut dehors,
Ils prennent un café.

On retourne dehors,
Pour tout canarder.
On voit pas le trésor
Qui est à nos pieds.

A défaut de trésor,
On trouve Barnabé.
Il a des mots très forts,
Avant de crever …

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Pourquoi tu reviens là?




Tu regardes la mer et la mer, c’est tout ça.
C’est plus grand que la terre et puis tu viens de là.

Tu observes la mer. C’est con et c’est tout plat,
Un peu comme une rivière qu’on a coupé les doigts.

Tu souris à la mer, en agitant les bras.
Elle s’en tape, la mer, de tout ton cinéma.

Il n’y a rien à faire qu’à rester planté là.
Lentement, elle digère la trace de ton pas.

Tu retournes à la mer et la mer te veut pas.
Voilà le grand mystère; pourquoi tu reviens là?

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La longue vie de Nobody!


Une épaule à souffrir et la mort du dentier.
Une absence de sourire, puis il s’est enfermé,
Nobody.

La machine à écrire et le papier froissé.
Une odeur de soupirs, le carillon cassé.
Nobody?

Une vieille poële à frire et l’enfer de l’évier.
Une rampe à tenir, puis l’étroit escalier.
Nobody!

La malle à souvenirs et la lumière tachée.
Une grimace de rire, le temps s’est écoulé.
Nobody …

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Dedans le coeur d’un Ange!


Quand, dans le coeur d’un Ange, s’installe une blessure sévère, il la garde jusqu’à l’autre ère. Alors il n’est plus un Ange; il est autre chose; il est un Ange à l’envers. Il attend la lumière …

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D’abord lui, le premier!



L’amiral Toussoté
Buvait à la Galade;
D’abord lui, le premier.

L’amiral Toussoté
A bloqué la cabrade
D’un gros requin-dentier.

L’amiral Toussoté
A jeté la tornade
Sur les Calarmités.

L’amiral Toussoté
Buvait à la Galade;
D’abord lui, le premier.

L’amiral Toussoté
Dit à la cantonnade:
La mer sert à pisser.

L’amiral Toussoté,
Ce fier Narin de rade,
Sur de l’eau a glissé.

L’amiral Toussoté
Buvait à la Galade;
D’abord lui, le premier.

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