Quand tu me dis Toujours,
Je rencontre l’ennui.
Pourquoi t’es pas à jour?
C’est con, ce que tu dis.
La grande migration!

On encage la plaine.
On y fait une allée
Où les vaches de semaine
Viendront pour se garer.
Tout va bien dans la plaine,
Le bonheur est entier.
Et les vaches de semaine
S’appliquent à bien brouter.
Au centre de la plaine,
Il y a un musée
Où les vaches de semaine
Viennent se faire encadrer.
On est bien dans la plaine,
On y attend l’été.
Et les vaches de semaine
Se plaisent à bien bronzer.
Pas d’ombre sur la plaine
Où tout est desséché.
Et les vaches de semaine
Tardent un peu à douter.
Puis on voit de la plaine,
Dans leur camp retranché,
De ces vaches de semaine
Qui sont bien installées.
Dans un coin de la plaine,
Viendront se réfugier…
Et des vaches de semaine
De toutes les variétés.
Tout au bout de la plaine,
Une foule s’est rassemblée.
Et les vaches de semaine
Recommencent à migrer!
A ton âme d’enfant, petit hommage!

Si le temps se plaît à sculpter ton visage,
C’est ton âme d’enfant qui gouverne, sans partage.
Si l’on peut encore t’attraper au fromage,
Petit rat des champs, c’est dans l’herbe que tu nages.
Ton doux coeur, au présent, reste un enfant sage.
Que des injustements peuvent, seuls, mettre en rage.
C’est ton âme d’enfant qui colorie l’image,
Ta musique, ton chant qui font tourner la page!
La ballade des canetons!

Un petit chemin
Mène à la rivière.
Et l’on voit passer
Et l’on voit passer.
Un petit chemin
Longe la rivière.
C’est un jour d’été,
C’est un jour d’été.
Trois petits canards
Ont suivi leur mère.
Ils vont se baigner,
Ils vont se baigner.
Trois petits canards
Cherchent la rivière.
Tous à cancaner,
Tous à cancaner.
C’est le temps du bain,
Pour les petits frères.
Ils vont s’amuser,
Ils vont s’amuser!
Trois petits canards
Nagent sur la rivière.
Et l’eau est sucrée
Et l’eau est sucrée.
Bientôt c’est demain,
Fredonne leur mère.
Le temps va passer,
Le temps va passer.
On l’entend de loin,
La voix de leur mère.
C’est un chant sacré,
C’est un chant sacré!
Il y’a du chambard,
Près de la rivière.
Que s’est-il passé,
Que s’est-il passé?
Trois petits canards
Appellent leur mère.
On en sait assez,
On en sait assez!
Trois petits canards
Ont perdu leur mère.
Le loup est passé,
Le loup est passé.
Trois petits canards
Pleurent des rivières.
Et l’eau est glacée
Et l’eau est glacée.
Un petit chemin
Mène à la rivière.
Et l’on voit passer
Et l’on voit passer.
Un petit chemin
Longe la rivière.
C’est un jour d’été,
C’est un jour d’été!
Les couteaux sont tirés!
Chez Primo-Cercueil!
Alors qu’il est un entier!

Si Pom-Pom est en retard,
S’il est long à communier,
S’il a encore ses nageoires,
C’est qu’il doit se fignoler.
J’ai adoré son sourire,
Je m’en souviens pleinement.
Et les trois larmes de rire
Qu’il m’offrait, car lui content.
Si Pom-Pom est cavérique,
C’est qu’il ne doit pas manger.
Si Pom-Pom est colérique,
C’est que tout doit le gonfler.
S’il sait paraître en public,
Il garde son enfer privé.
Il se croit anecdotique,
Alors qu’il est un entier.
Si Pom-Pom est sympathique,
C’est parce qu’il est tel il est.
Faisons bien taire les critiques,
Le jour où l’ange apparaît!
Tu mords dedans la chair!

La terre était de pierre,
Tu ne vois que du vent.
Tu mords dedans la chair,
C’est encore du serpent.
L’horizon fait des vagues,
Agite un mouton blanc.
La chaleur te divague,
Tu n’es plus très constant.
Tu as baissé ta garde,
Pour le temps d’un instant.
L’oiseau, qui te regarde,
Part avec ton serpent.
Tu t’allonges sur la terre
Et t’endors, en tremblant.
Des souffles de poussière
Viennent se mêler au vent.
Tu rêves à de la bière,
Pendant un court instant.
Une flèche incendiaire
Vient percer ton auvent.



