Les enfants d’Aube-monde!


Les enfants d’Aube-monde
Étaient des sinistrés.
C’est à marée profonde
Qu’ils s’étaient naufragés.

La terre était féconde,
Les oiseaux souriaient.
La nature, à la ronde,
Les faisait perdurer.

Les enfants d’Aube-monde
Apprenaient à nager.
Les enfants d’Aube-monde
Apprenaient à voler.

Délaissant Aube-monde,
Oubliant leurs aînés,
En enfants de ce monde,
Ils se sont dispersés!

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Au grand banquet du Mal!


Le public est entré
Et on va te lyncher,
Sur fond de bacchanale.
On va tuer le dernier
Et manger le dernier,
Le dernier animal.

On a déjà coupé
Le dernier des derniers,
Des arbres véritables.
On l’a bien raboté
Et on a fabriqué
Ce qu’on appelle table.

On entend mastiquer
Des dents très bien brossées,
Dans des bouches respectables.
Sur l’écran incliné,
S’empiffrent les premiers,
Les premiers des notables.

Le public exalté,
Bien qu’il n’ait rien mangé,
Se caresse le ventral.
Combien ont-ils payé
Pour pouvoir assister
Au grand banquet du Mal?

On a tué le dernier,
Le dernier des derniers,
Le dernier animal.
Et on voit arriver
Les premiers des premiers,
Les premiers cannibales!

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Quand ils nous vivent!


T’es trop fort aux échecs,
C’est pas intéressant.
Tes histoires puent du bec,
Je m’endors tout le temps.

On échange notre fric.
Tiens. Moi, j’ai zéro franc.
Je sais, tu dis Bernique.
Je l’entends à tes dents.

Mais, le trésor public,
Tu sais que c’est maman.
Peaufine bien ta réplique,
Joue pas les indigents.

Merci pour le conseil
Et pour garder tes gants!
Les échecs, c’est pareil,
Je nous sers du brûlant.

Les échecs nous isolent,
Je te parle d’un truc.
Tu mets mon roi au sol
Et me caresses la nuque!

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Histoire avortée!


Il y a un ver, dedans ces tunnels.
Au moins un et pas des moindres.

Entrez là-bas, nettoyez tout ça.
Surtout, n’utilisez pas de caméra!

Pas de caméra, c’est pas d’œil électronique. A l’ancienne!

Alors, personne n’a accepté d’entrer dedans ces tunnels.
Moi, solidaire, je n’ai pas écrit la suite. Fais-le, toi-même!

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Tu te tournes, derrière toi!


Tu te tournes, derrière toi,
Petit frère est dans l’eau
Et il pleure, il se noie;
Toi, tu sautes aussitôt.

Tu te plantes, jusque là;
La vase bloque ton galop.
Et ton frère, il est là,
Un peu caché sous l’eau.

Et tu cries, tu te bats;
Mais, tu n’es pas bien gros.
Tu alertes qui voudra,
En pleurant sur tes mots.

Ton père ne comprend pas;
Il fonce comme un taureau.
Il te pousse, tu te noies;
Il repêche le marmot.

Et puis toi, sous son bras,
Il remonte aussitôt.
Ta mère est déjà là;
Elle répare le frérot.

Toi, tu trembles de froid;
Ton père attrape ta peau.
Il te serre, il te broie,
Sans avoir dit un mot.

Et cela finira
Autour du brasero.
Petit frère crie de joie;
Tu repenses à tantôt.

Vous êtes bien, tous les trois;
Le petit fait dodo.
Dans les bras de papa,
Tu éclates en sanglots!

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Sous la lune d’opale!


Sous la lune d’opale,
C’est un conte merveilleux
Que nous chantent les étoiles,
Le petit vent frileux.

Sur la piste aux étoiles,
Où va cet amoureux
Qui sait franchir le voile
Et nous aimait pour deux?

Sur la route des étoiles,
Il avance, peu à peu.
Il nous montre le voile
Et nous aide, de son mieux.

Sous une lune d’opale,
Dedans un chant soyeux,
On s’adresse aux étoiles,
On se repose un peu!

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Hier, le petit est sorti!


Le petit a grandi
Et il poursuit ses frères.
Il veut sortir, aussi,
Là où est la lumière!

Qu’a t’on fait du petit?
Je l’ai trouvé, par terre.
C’était plus de minuit,
Il pleurait sa misère.

Le petit a vomi,
Dégueulé ses viscères,
Au fond d’un parapluie,
Et sur les pompes du père.

Qu’a donc bu le petit?
J’avais dit de la bière.
Repose-toi, dans mon lit!
Moi, je vais voir ton frère!

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Un chaud jour d’été !


Un soleil transi
Peine à voir le jour.
Des filets de nuit
S’accrochent au labour.

Et l’ombre, à midi,
Se mélange au jour.
Tout se ralentit,
Le soleil est lourd.

Le chat, dans son nid,
S’endort pour toujours.
Il se lève, la nuit
Et va faire un tour.

L’insecte qui luit
S’endort, à son tour.
Je m’endors aussi,
La nuit suit son cours.

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Le marais, en automne!


Sous le feu de l’automne,
Le marais s’est figé.
Et son eau se frissonne
Des reflets pétrolés.

C’est une mer de carbone
Qui voudrait s’enflammer.
Le soleil de l’automne
La prend dans ses filets.

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