Un chaud jour d’été !


Un soleil transi
Peine à voir le jour.
Des filets de nuit
S’accrochent au labour.

Et l’ombre, à midi,
Se mélange au jour.
Tout se ralentit,
Le soleil est lourd.

Le chat, dans son nid,
S’endort pour toujours.
Il se lève, la nuit
Et va faire un tour.

L’insecte qui luit
S’endort, à son tour.
Je m’endors aussi,
La nuit suit son cours.

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Le marais, en automne!


Sous le feu de l’automne,
Le marais s’est figé.
Et son eau se frissonne
Des reflets pétrolés.

C’est une mer de carbone
Qui voudrait s’enflammer.
Le soleil de l’automne
La prend dans ses filets.

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La drôle de vie de Joseph Béley!



Tout près du feu du soir,
Lorsque Joseph Béley
S’asseyait dans le noir,
Nous, on se rapprochait.

Il avait le front plat
Et du sang de navet.
On ne le comptait pas,
Monsieur Joseph Béley.

Mais quand venait le soir,
Lorsque Joseph bêlait
Ses histoires dans le noir,
Nous tous, on l’écoutait.

Il était haut du col,
Avec des yeux d’effraie.
De ceux qui n’ont pas d’bol,
Ceux qui ont des regrets.

Quand il parlait d’espoir,
Monsieur Joseph Béley,
Il effaçait le noir
Et il nous rassurait.

On ne le connaît pas,
Monsieur Joseph Béley.
Mis à part ses histoires,
Il a trop de secrets!

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Il a quel âge, lui?


Tu me demandes une clope
Et puis tu veux cent balles!
Lors, mon œil de cyclope
Te foudroie, mini-mâle.

Tu ris et tu barbotes
De candeur négociable.
Mes mots, tels tes carottes,
Tu les jettes sous la table.

Tu lâches l’affaire de clopes,
Reviens pour les cent balles.
Ton visage interlope
Retient des reflets pâles.

Tu pleures, tel une marmotte,
Profondeurs abyssales!
Tu jures, oui mon pote,
Que cent balles, c’est normal.

Tu n’auras pas de clope,
Tu n’auras pas cent balles.
Est-ce que tu développes
Une maladie mentale?

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La foire aux monstres!



Des grenouilles à un genou,
Très propres, à dix-huit mois.
Un serpent, très ras-du-cou,
Qui joue avec les chats.


Une abeille-kangourou,
Toute seule, en pyjama.
Des machins un peu tabou,
Très vifs ou presque pas.


Voilà la seule vraie rareté,
Dans ce magasin pas frais.
Elle ne sait pas bien marcher
Et ne le saura jamais.


C’est un enfant, tout comme nous,
Mais qui ne grandira pas.
Il a du passé, chez nous.
Personne ne veut prendre ça!

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Déclenchez l’alarme!


C’est un maître de l’effroi
Qui fait son ministère.
Cours, grimpe vite au beffroi
Et annonce la galère!

Ils détruisent, à chaque fois,
La moitié des chaumières.
Emmène ta sœur avec toi,
Va te cacher sous terre!

C’est un maître de l’effroi
Qui fait son ministère.
De l’envers et de l’endroit,
Il se joue, en expert.

Ne réagis qu’à ma voix,
A ma vraie voix de père!
Garde ta sœur contre toi,
Je vais chercher ta mère.

C’est un maître de l’effroi
Qui fait son ministère.
Se protéger de sa voix
N’est pas une mince affaire!

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L’enfant du ciel!


Sur le parvis brillant
D’une maison plein-ciel,
Un tout petit enfant
Traîne un sac de poubelles.
Mais, où sont ses parents?
Tout est artificiel!

Il rentre se poster
Prés du hublot-fenêtre.
Là, il peut observer
Ce qui pourrait paraître.
Immobile et figé,
Il est encore à naître!

Tout petit, dans le blanc,
Il regarde le ciel.
Le gazon luit, devant,
Près du sac de poubelles.
Ses yeux sont si brillants,
Quand il secoue ses ailes!

Un jour, en plein été,
Il a vu apparaître,
Marchant à pas pressés,
La chasuble d’un prêtre.
Ils ont un peu parlé,
Par le hublot-fenêtre.

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