Un pull un peu trop long Lui remonte les manches Et son grand pantalon Lui entaille les hanches. Ma mère, elle dit que non, que c’est un bon garçon. On a vu le garçon, Si courbé quand il penche, Donner à un poisson Une fleur de pervenche. Ma mère, elle dit que non, que c’est un bon garçon. Il ne porte rien de plus Et il marche pieds-nus.
On a vu le garçon, Accroché dans les branches. On a vu le garçon, A flotter sur une planche. Ma mère, elle dit que non, que c’est un bon garçon. On a vu le garçon Danser avec ses hanches, Dans son grand pantalon, Une danse de comanche. Ma mère, elle dit que non, que c’est un bon garçon. Il est un peu menu Et il dort dans la rue.
Il a marqué un but, Pendant la première manche. Les enfants ont voulu Qu’il revienne, le dimanche. Il a quitté la rue Et sa chemise est blanche. Chez nous, il est venu; Car ma mère l’a voulu.
Ma mère, elle dit que non, que c’est un bon garçon!
Des draps de poussière ont recouvert la salle. Le silence est blanc et j’avance prudemment. Le faisceau de la lampe se dirige vers la table. J’ai reconnu ton Sceau sur un carnet dormant.
Il grava des rivières Dans la peau de la terre. Il changea les gravats En des maisons de rois. Il arrosa les champs D’un grand vent de printemps Et il versa de l’eau Sur l’été le plus chaud.
Il est parti, hier, Ramener son grand frère. Il est rentré, le soir, Avec de grands yeux noirs. Il a mangé un peu; S’est mis auprès du feu. Il desserre pas les dents Et son frère est absent.
Il lava les chimères Dans le sang de la terre. Il régla le climat Pour que ça bouge pas. Et il montra les dents Au démon du tourment. On le tua dans le dos, Quand il prit les drapeaux!
Il est parti, hier, Retrouver son grand frère. Il est rentré, le soir, Avec de grands yeux noirs. Il a mangé un peu; S’est mis auprès du feu. Il desserre pas les dents, Comme son frère, en son temps.