
L’histoire de l’œuf et la poule,
Ce n’est pas tout neuf.
L’œuf est pondu par la poule
Et je mange l’œuf.
Ensuite, je mange la poule
Et le coq est veuf!

To Pierre-Pierro, Correspondances
Un sourire, un poème!

Ah, dis. Ah, dis. Ah, la belle!
Que voudrais-tu comme présent?
Que tu fasses la vaisselle
Et que tu restes, de temps en temps.
Ah, dis. Ah, dis. Ah, la belle!
Que voudrais-tu comme présent?
Des sous dans mon escarcelle
Et, pour mon grand lit, un amant.
Ah, dis. Ah, dis. Ah, la belle!
Que voudrais-tu comme présent?
Que tu sortes les poubelles
Et ne reviennes, que par beau temps!

Où est-il, notre enfant
Qui arpentait la rue?
C’était il y’a longtemps.
Qu’est-il donc devenu?
Où est-il, notre enfant?
Qu’en est-il advenu?
Tu l’aimais, fut un temps.
L’as-tu donc reconnu?
Où est-il, notre enfant
Que tu avais perdu?
Il n’est pas important,
Tu ne te souviens plus!
Où est-il, notre enfant,
Triste enfant de la rue?
C’était il y’a longtemps.
A-t’il donc disparu?

Je rêve d’une poésie
Qui chante la vaisselle,
Les humeurs du mari
Et l’odeur des aisselles.
,
Je veux être cet outil
Qui, entre tous, excelle
A trouver le joli,
Dans le sac de poubelles.
Je veux être le produit
Qui, comme au lave-vaisselle,
Enlève le moisi
Et redonne l’étincelle.
Je rêve d’une poésie
Qui me serait fidèle.
Qu’on trouverait jolie,
A défaut d’être belle!

J’ai suivi le chemin,
Aussitôt vent m’emporte.
Je n’ai plus de besoins
Et ma passion est morte.
Si le monde est chagrin,
Mon âme est encore forte.
Je tends encore la main
Et, des fois, je m’exporte.
J’ai suivi le chemin
Qui me mène à ma porte.
Je connais mes besoins
Et tout ce qui m’importe.
Le verre à demi plein
Se remplit à l’eau forte.
Et je fais un refrain
De ce que vent m’apporte!
J’ai suivi le chemin
Qui me mène à ma porte.
Je n’ai plus de besoins
Ou bien je fais en sorte.
Il n’y a rien de certain.
Le présent, seul, importe.
Il n’est pas de demain.
Le jour est à ma porte!
J’ai suivi le chemin
Qui me mène à ma porte.
Je n’ai besoin de rien,
Ni de peur, d’aucune sorte.

Un brouillard, en couvercle,
Entoure notre jardin.
Très dense, il nous encercle.
Au loin, on ne voit rien.
La lumière est spéciale,
Elle peut tout détailler.
Elle est jaune et s’étale
Sur tous les gris froissés.
C’est une carte postale
D’un vieil hier jauni.
Si beau et si spectral!
Il n’y a pas un bruit.
Je me crois sur la lune,
Sur une île isolée.
Allons chercher fortune,
Essayons de marcher!

Un grand vent de froid rêche
Écorche la montagne.
Le brouillard se dépêche
Et commence à grimper.
L’ombre étend ses longs doigts,
Au fond, dans la vallée.
Et au-dessus des toits,
On voit de la fumée.
Le col est un désert
Qui flirte avec le ciel.
Et, en bas, les lumières
Sont trop artificielles.
Mais si la solitude
Est le prix à payer,
Prendre de l’altitude
Fut ma meilleure idée!

La vie est un détour,
Bienvenue ici-bas,
Qui met un carrefour
A chacun de nos pas.
A gauche, on recommence.
A droite, c’est le trépas.
Si on a de la chance,
On ne s’arrête pas.
Repartir en arrière
Ou allonger le pas?
Traverser la frontière
Et puis aller tout droit!
La vie est un détour,
Bienvenue ici-bas,
Qui met un carrefour
A chacun de nos pas.

Les maîtres de la guerre,
On vient de les convoquer.
Les barbares, les chimères
Se rangent à leurs côtés.
Nos dieux, qui ont pris peur,
Regardent de l’autre côté.
Le silence et l’horreur
Règnent sur la vallée.
Tout au long de la crête,
On voit de grands feux brûler.
Les armées sont fin prêtes,
Ils vont bientôt charger.
Ce n’est pas une histoire,
Que je pourrais inventer.
Consultez la mémoire,
Tout va recommencer!