Le bébé est anglais!



Un bébé acharné
Tire sur un pot de lait
Encore il est tombé
Il se gratte le mollet

Le bébé du passé
A du sang de navet
Il se met à pleurer
Dedans son bol de lait

C’est son premier été
Un peu comme il voulait
Il lèche comme un bébé
Une glace au sorbet

C’est sa dernière année
Bébé a ses brevets
Sans vraiment travailler
Et sans trop de regrets

Il tient fort un bébé
Sur son cœur à jamais
Il retourne travailler
Il bosse pour des anglais

Il pleure comme un bébé
Assis sur ses mollets
Son garçon peut entrer
Dans l’école qu’il voulait

Le bébé a changé
C’est celui du cadet
Et même qu’en vérité
On dirait pas un vrai

Il dort comme un bébé
Dit sa femme en anglais
Pour pas le déranger
Car il a des projets

Il est un peu ridé
Et son dos est défait
On lui tend le bébé
D’un gamin qu’il connaît

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La prière des inconstants!



Par l’odeur de la terre
Et la fraîcheur du vent
Par l’onde nécessaire
Qui se meut vers l’étang

Par le sang de la guerre
Par la peur des enfants
Et la grande misère
Qui attend les parents

Par le blé qui prospère
Par la couleur des champs
Et la grande colère
Qui fracture les instants

Par le rire d’un grand-père
Et la joie des enfants
Par le chant de naguère
Qui sort du feu changeant

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Dans les mots du Second!

À cette époque, on essuyait une tempête. J’étais le Capitaine et, mes matelots, c’était pas des brillants cerveaux, à part peut-être le Second. Il se colle derrière moi, « Mon Capitaine, libre à vous de secouer ces glaviots! » Je lâche la barre; il s’en empare. On s’en est bien tirés et de la tempête et des idiots. L’autre fois, c’était tantôt, que je sors du tableau, sans raisons précises. « Je sais pas quand ça va; mais, je sais quand ça va pas et je regarde toujours l’heure des églises. » Ce sont les mots du Second, aujourd’hui Capitaine.

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Un petit rat mouillé!


Un petit rat mouillé
Demande un abri sec
Et un peu de fromage

Je négocie le chat
Qui me dit
Laisse-le moi
Et aussi la souris
Qui le veut pas ici

Un petit rat mouillé
Demande un abri sec
Et un peu de fromage

Je négocie mon gars
Qui me dit
On verra
Et aussi l’araignée
Qui ne fait qu’objecter

Un petit rat mouillé
Demande un abri sec
Et un peu de fromage

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La lune serait ta sœur!

« Je voudrais que tu vives sous la pluie de bisous que nous donne
Le ciel. Regarde et n’aie pas peur, maman ; la lune serait ta sœur. »

Où est-il, cet enfant? Qu’est-il devenu? Il vit à Chamonix.
Il élève deux enfants. Le dernier a fini deuxième. Parfois,
La grande lui demande de faire un canard, dans son café.
Petit, il faisait exactement pareil ; sa mère répondait pas!

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Sous une pluie bleu sale!


L’aube étoit un chagrin
Qui revient davantage
A chaque tour de reins
Comme à force d’usage

Dessous la pluie bleu sale
D’un trop pressant hiver
Il marche le visage pâle
Des gouttes à sa visière

L’aube étoit sans entrain
Et conforme aux usages
On ressert quelques mains
On travaille davantage

Son genou est bancal
Et il marche de travers
Dessous la pluie bleu sale
Il referme les barrières

L’aube étoit un chemin
S’il faut tourner la page
Qui tient jusqu’au matin
Et peut faire davantage

Il a ses deux mains sales
D’avoir touché la terre

Sous le tonnerre qui râle
Son rire sonne très clair

L’aube étoit un demain
Qui n’a plus jamais d’âge
On se prend par la main
On sourit davantage

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Un papillon franchit l’entrée!



Des chants nous reviennent des semailles; un papillon franchit
L’entrée. Va falloir qu’on y aille, sans trop traîner.
Le vent jette un fétu de paille sans intérêt …

On a arpenté les voies, pour trouver la gamine. Elle jouait, près
Du ruisseau. Elle a souri, quand on l’a retrouvée.
Le vent jette un fétu de paille sans intérêt …

Elle voit la pente, au dessous d’elle, se glisser vers le bas. Ses
Bâtons sous l’aisselle, elle file encore tout droit.
Le vent jette un fétu de paille sans intérêt …

Elle est partie, pour les urgences, vers les Terres Effondrées.
Mais, de toute évidence, elle ne va pas rentrer.
Le vent jette un fétu de paille sans intérêt …

Les temps prennent l’odeur du son; c’est en cours de semaine,
Les moissons. Va pas falloir tarder à tout rentrer.
Le vent jette un fétu de paille sans intérêt …

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Tout là-haut est un cri!


Il a un nid d’aigle, au dessus de la rivière.
Il n’y vient presque pas; il y était hier.
Quand il s’ennuie, des fois, il regarde tout en bas.

Et l’oiseau sur sa branche, qui s’étire dans son nid,
A ses ailes qui penchent pour couvrir son petit.
Tout là-haut est un cri qui transperce les nuages.
Un rapace vit ici; il est dans les parages.

Et c’est la chauve-souris qui s’effile dans la nuit.
A la même heure aussi, les oiseaux sont partis.
Les cavaliers de nuit viennent tendre l’orage.
Il se peut que la pluie lui apprenne davantage.

Il a un nid d’aigle, au dessus de la rivière.
Et personne ne vient là; c’est bien trop solitaire.
Quand il s’ennuie, des fois, mais il ne s’ennuie pas.

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Timothée avançait!



Timothée en avait plein les pattes et cela se voyait. Le soleil était sur
La branche; le ciel était crémeux. Au lointain, on voyait quelque part.
Timothée avançait au hasard des chemins poussiéreux.

C’est un petit Trébuchet, aux Accents de mémoire
Et aux bois Arrondis. Ici, une pierre Tombale qu’on
Sait pas qui c’est dit. Plus ici, un journal d’offenses!

Timothée tirait sa révérence au printemps éhonté. Il revenait pour sa
Vieille et ce qui peut compter. Dans les landes, il retint son absence.
Le jour faisait de la résistance et Timothée avançait.

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Le vent grelet parle à mes sens!

Les flammes tourbillonnent en un flux lent; leur reflux est à peine perceptible. Le vent est parcellaire; il peigne les herbes. La chaloupe inclinée protège leurs yeux du phare; ils dorment sur des couvertures. Les craquements du feu sont les seuls bruits sur la grève. Le vent grelet parle à mes sens; ils sont toujours là-bas. Le soleil est jaune; une corneille se pose sur la chaloupe, à l’affût de quelque miette. Le temps passe lentement; un chien s’évade, en longeant la crête …

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