Calme, tranquille et sans effort apparent, il marche, dessus la lande, Dans le petit matin frais. Ses souliers sentent la bruyère et il entend Les oiseaux et il parle aux vents qui se hasardent. La lande est alors Un piège ouvert ; tout au bout de l’allée, il y aura l’étang. Le soleil est Rouge-orange ; dépassent trois joncs verts. La vie va commencer …
Des chants nous reviennent des semailles; un papillon franchit L’entrée. Va falloir qu’on y aille, sans trop traîner. Le vent jette un fétu de paille sans intérêt …
On a arpenté les voies, pour trouver la gamine. Elle jouait, près Du ruisseau. Elle a souri, quand on l’a retrouvée. Le vent jette un fétu de paille sans intérêt …
Elle voit la pente, au dessous d’elle, se glisser vers le bas. Ses Bâtons sous l’aisselle, elle file encore tout droit. Le vent jette un fétu de paille sans intérêt …
Elle est partie, pour les urgences, vers les Terres Effondrées. Mais, de toute évidence, elle ne va pas rentrer. Le vent jette un fétu de paille sans intérêt …
Les temps prennent l’odeur du son; c’est en cours de semaine, Les moissons. Va pas falloir tarder à tout rentrer. Le vent jette un fétu de paille sans intérêt …
Il a un nid d’aigle, au dessus de la rivière. Il n’y vient presque pas; il y était hier. Quand il s’ennuie, des fois, il regarde tout en bas.
Et l’oiseau sur sa branche, qui s’étire dans son nid, A ses ailes qui penchent pour couvrir son petit. Tout là-haut est un cri qui transperce les nuages. Un rapace vit ici; il est dans les parages.
Et c’est la chauve-souris qui s’effile dans la nuit. A la même heure aussi, les oiseaux sont partis. Les cavaliers de nuit viennent tendre l’orage. Il se peut que la pluie lui apprenne davantage.
Il a un nid d’aigle, au dessus de la rivière. Et personne ne vient là; c’est bien trop solitaire. Quand il s’ennuie, des fois, mais il ne s’ennuie pas.
Timothée en avait plein les pattes et cela se voyait. Le soleil était sur La branche; le ciel était crémeux. Au lointain, on voyait quelque part. Timothée avançait au hasard des chemins poussiéreux.
C’est un petit Trébuchet, aux Accents de mémoire Et aux bois Arrondis. Ici, une pierre Tombale qu’on Sait pas qui c’est dit. Plus ici, un journal d’offenses!
Timothée tirait sa révérence au printemps éhonté. Il revenait pour sa Vieille et ce qui peut compter. Dans les landes, il retint son absence. Le jour faisait de la résistance et Timothée avançait.
Les flammes tourbillonnent en un flux lent; leur reflux est à peine perceptible. Le vent est parcellaire; il peigne les herbes. La chaloupe inclinée protège leurs yeux du phare; ils dorment sur des couvertures. Les craquements du feu sont les seuls bruits sur la grève. Le vent grelet parle à mes sens; ils sont toujours là-bas. Le soleil est jaune; une corneille se pose sur la chaloupe, à l’affût de quelque miette. Le temps passe lentement; un chien s’évade, en longeant la crête …
Doodyétire ses bras et s’enfile dans un short. Il a trop lézardé; il attrape une pomme et essaie de filer. Sa maman n’est plus là. Son père boit un café; il va bientôt s’effacer.Doody le sait; c’est ce qu’il attendait.
Maman l’appelait pas Doody, mais Dominique. Son rire était blanc, ses cheveux longs et lents. Papa est emmerdant; il l’était avant. Doody a du mal à penser. Il entend le galop d’un enfant sur le gravier; son frère va arriver. Son père ne revient pas, car il est trop accablé. Les deux enfants ont froid et préfèrent rentrer. Doody, cette fois, n’est pas sûr de gagner.
Son frère court vers l’étang, en jetant son polo. Doody se donne à la joie de le rattraper. Le portrait de maman est sur le frigo, l’argent bien caché; ils ont l’été entier. L’épicier passe vendredi et lundi, le matin. Il fait toujours soleil; faut faire gaffe aux abeilles. Son frère est à la pêche; il s’est levé matin. Doody dort encore beaucoup.
Le portrait de maman fait que les regarder. Son frère lit une histoire. Il pleut dehors, beaucoup sur le rosier. Doody, rêveur, boit lentement dans son thé. Au grenier, il n’y a rien à croire, juste une chouette à surveiller. Doody la guette, quand elle est à sa fenêtre. Il regarde la chouette et se met à hurler, sans bruit, sans le savoir. Son frère le ramène près de la cheminée; ensemble, ils vont s’asseoir. C’est un peu bête, ce qui passe à la télé. Dehors, il ne fait pas noir.
Ce matin, c’est soleil; on peut pas en douter. Doody saute le petit-déjeuner. Son frère est déjà loin; il a prémédité. Doodyrepose la lettre et lorgne vers l’entrée. Il vérifie le pondoir et ramasse un panier. Il trouve les bières de son père derrière les cabinets et les cache au grenier. Il part vers l’eau, en traînant son bateau. Il est encore vers l’étang, quand son frère va rentrer. Ils ont trouvé ça bien de rester au grenier. Leurs ombres, sur le mur, commencent à s’ennuyer. A la première bière, Doody a roté. Son frère rit par secousses et finit par pleurer. Les affaires de son père, elles ont déménagé; Doody lance un regard clair à la chouette énervée. A la deuxième bière, Doody est fatigué; il s’endort sur son frère qui s’est mis à ronfler.