Deux grands yeux qui attendent!


Marcher sur la lande, dans l’odeur brisée du soir
La bruyère frissonne, brossée par un vent léger
Un rapace plonge et crie, effrayant un renard
Une chauve-souris se met à papillonner

Marcher, puis se rendre et écouter le hasard
Dans les bois bordants, on entend un pas pressé
Écouter, sans bruit, le chant de l’oiseau du soir
Et l’odeur des genêts qu’on devra traverser

Marcher et comprendre ce que l’on est venu voir
Une lune en argent commence à s’inquiéter
Deux grands yeux qui attendent vont briller dans le soir
Pour ne pas se blesser, rentrer en pointillés

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Le vent ratissait les légendes!



Le vent était tout autour. Le soleil penchait bas;
Il allait bientôt céder. Une corneille attendait ça.
Si tout autant que j’avançais, je me diluais;
Mon ombre pâle s’accrochait à mon pas.

Le vent ratissait les légendes sur la lande et dans les genêts. Au milieu,
Un petit bout de récif tout vieux; une mousse verte s’y tient accrochée.

Le vent s’apaisait; les labours étaient fumants.
On entendait l’effraie depuis un certain temps.
Si tout autant que j’avançais, je me diluais
Et mon ombre pâle s’accordait avec moi.

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Dimanche après-midi!



Un oiseau morne crie
Et prolonge son habit
Un papillon de nuit
Il pleut sur l’herbe tendre


J’entends râler la pie
S’éloigne un milan gris
Le chat qui a compris
S’endort sans plus attendre


Dimanche après-midi
La pluie aura repris
Et sa musique aussi
L’eau s’écoule en méandres


Un escargot poli
Glisse sur un fil de pluie
Le papillon s’enfuit
Le ciel semble se fendre


Je vois un rideau gris
Qui ratisse le pays
La mouche qui atterrit
Ne sait plus me surprendre

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Tout n’est pas écrit!


Fais-toi Gentil papillon et fais le bien, ton travail.
À la fin, peut-être, tu La retrouveras, la Gentille
Fleurette qui t’avait ouvert les bras; vous aviez
Dormi ensemble. Éphémère, comme toi, elle …

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Les temps arrêtés d’Octembre!


Les fougères étaient fauves et roussissaient.
On entend le vent craquer dans les conifères.
La bruyère était sèche; un geai criait, au loin.
Un ruisselet, tragique, finissait de s’écouler.
Une libellule étale, sur un jonc, hors temps.
La lumière était étrange, comme aveuglée!

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Après toutes ces années!

Je regarde mon Amour de renaître, après toutes ces années.
Il saute, de visage en visage, et, d’un être à une fenêtre ; il ne
M’a pas déserté. Par la fenêtre, passe l’insecte ; les bois sont
Verts-bleuté ; on entend toutes les images de la vie sacrée !!

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Je vais m’assoir devant!


Vient le vent qui s’accroche au portail;
Je vais m’assoir devant.
Vient le temps et toutes ses funérailles;
Je vais m’assoir devant.
Vient le chant de cet épouvantail;
Je vais m’assoir devant.
Le printemps est le temps des semailles;
Je vais m’assoir devant.
Et l’Autan vient secouer les clochailles;
Je vais m’assoir devant.

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De mes dieux tutélaires!


Je me souviens, j’étais dans un moment sombre.
La pluie picotait la terre.
L’éclair revenait, toutes les quinze secondes,
Pour me donner la lumière.
Le tonnerre redondant rebattait les ondes;
J’aimais sa musique sévère.

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Le jour de la Sainte Extase!


Today, c’est le jour de la Sainte Extase, si, si.
Une lumière qui m’invite traverse ma fenêtre.
Une mouche s’est levée à l’aurore pour vaquer.
Je suis dans mon linceul; tout ce qui est à naître
Vient pour me convoquer; je n’ai plus qu’à dire oui.

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L’orée des bois, le matin!


Un brouillard humide lèche le front des arbres
La brume étend ses doigts et tente de s’insinuer
De petits nuages laineux courent la lande
Le berger qui les mène est un vent prudent

Quelques rais de lumière dans les cheveux des arbres
Les feuilles mortes craquent et la fougère crisselle
Le geai a déjà crié; une tiédeur profonde
Et un parfum d’années emplissent les bois

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