
La pluie hachure le vent,
Causant, là, son trépas.
Le tonnerre, redondant,
Luit, éclaire et aboie …

To Pierre-Pierro, Correspondances
Un sourire, un poème!

Un pull un peu trop long
Lui remonte les manches
Et son grand pantalon
Lui entaille les hanches.
Ma mère, elle dit que non, que c’est un bon garçon.
On a vu le garçon,
Si courbé quand il penche,
Donner à un poisson
Une fleur de pervenche.
Ma mère, elle dit que non, que c’est un bon garçon.
Il ne porte rien de plus
Et il marche pieds-nus.
On a vu le garçon,
Accroché dans les branches.
On a vu le garçon,
A flotter sur une planche.
Ma mère, elle dit que non, que c’est un bon garçon.
On a vu le garçon
Danser avec ses hanches,
Dans son grand pantalon,
Une danse de comanche.
Ma mère, elle dit que non, que c’est un bon garçon.
Il est un peu menu
Et il dort dans la rue.
Il a marqué un but,
Pendant la première manche.
Les enfants ont voulu
Qu’il revienne, le dimanche.
Il a quitté la rue
Et sa chemise est blanche.
Chez nous, il est venu;
Car ma mère l’a voulu.
Ma mère, elle dit que non, que c’est un bon garçon!

Sa chevelure froissée
Ruisselle de tons cuivrés.
Doucement, elle est belle,
L’Ondine!
Son reflet délaissé
S’éloigne de ses pieds.
Alors, elle se révèle,
L’Ondine.
Le rocher harassé
Lui sert de cavalier.
Elle n’est plus infidèle,
L’Ondine.
Je n’ai pas oublié
Les temps du temps passé.
Toujours, je me rappelle,
L’Ondine!

Je marche dans le silence
Et le silence fuit mes pas.
Je ne sens pas de présence;
En fait, il n’y a que moi.
Je marche dans le silence
Et le silence suit mes pas.
Cette fois, la lumière blanche
Soigne la pierre qui a froid.
Je marche dans le silence
Et le silence boit mes pas.
Cela n’a plus d’importance,
Car je suis seul avec moi.

J’ai traversé le champ
Car je suis en balade
La main aux marguerites
J’ai traversé le vent
Quand il se fait tornade
Que la mort est sa suite
J’ai traversé le temps
Car le temps s’escalade
Il ne peut aller vite
J’ai retrouvé l’enfant
Ma vision se dégrade
J’avance tel un termite
J’ai traversé le champ
Car je suis en balade
La main aux marguerites

Tout au bout du parcours,
Au détour d’un détour,
J’ai encore moi tomber.
Dans le creux d’un labour,
Jusqu’à la fin des jours,
Je me suis allongé.
Dans le fond d’une cour,
Un cheval de retour
S’est remis sur ses pieds.
Il pleut sur les entours;
Il est à contre-jour
Et me tape du nez.
Non, ce n’est pas ton tour
Et tu gênes les labours.
Laisse-moi travailler!

Longues pattes réactives à la forme d’un pinceau,
Elle bouffe tout ce qui vive à la lumière de l’eau.
Toute son aile est olive et du blanc au cerveau.
Selon les perspectives, c’est le roi des oiseaux.
C’est si tant qu’elle est vive qu’on sait pas son plumeau.
Sinon, tu la vois pas; elle se cache comme un rat,
Et puis son trémolo, il est pas vraiment beau.
La Truccule pédoncule; alors son col est beau.
Le grand cygne recule et va pleurer sous l’eau.
Elle danse, Truccule, tout en peignant les eaux
Et colle la libellule à la gauche du tableau.
C’est dans un ballet-bulles qu’elle fait en tapant l’eau
Que la grande Truccule finit son numéro.
Sinon, tu la vois pas; elle se cache comme un rat.