
Rien !! Il ne se passe rien; il pleut. En plus que
Ça me mouille, ça me brouille la visière. Je ne
Vois rien, avec mes yeux, à part la boue où je
Plonge mes godasses. Rien, sauf qu’il pleut !!

Un sourire, un poème!

Un oiseau morne crie
Et prolonge son habit
Un papillon de nuit
Il pleut sur l’herbe tendre
J’entends râler la pie
S’éloigne un milan gris
Le chat qui a compris
S’endort sans plus attendre
Dimanche après-midi
La pluie aura repris
Et sa musique aussi
L’eau s’écoule en méandres
Un escargot poli
Glisse sur un fil de pluie
Le papillon s’enfuit
Le ciel semble se fendre
Je vois un rideau gris
Qui ratisse le pays
La mouche qui atterrit
Ne sait plus me surprendre

Timothée en avait plein les pattes et cela se voyait. Le soleil était sur
La branche; le ciel était crémeux. Au lointain, on voyait quelque part.
Timothée avançait au hasard des chemins poussiéreux.
C’est un petit Trébuchet, aux Accents de mémoire
Et aux bois Arrondis. Ici, une pierre Tombale qu’on
Sait pas qui c’est dit. Plus ici, un journal d’offenses!
Timothée tirait sa révérence au printemps éhonté. Il revenait pour sa
Vieille et ce qui peut compter. Dans les landes, il retint son absence.
Le jour faisait de la résistance et Timothée avançait.

— Est-ce que tu as une personne de confiance vers qui tu peux te tourner?
— Oui, mon oncle! Mais, je lui ai pas dit car il va aller cogner mon père et il est beaucoup plus petit.
— Il est comment, ton oncle?
— Il est gentil, tout doux. Il a pas fait beaucoup l’école. Il me ramène des cailloux, quand il rentre de vacances. Moi, je les montre au prof ; comme ça, il apprend.