Une souris part faire les courses!

Une souris, en trottinette,
Repasse devant chez nous.
Moi, aussitôt, je l’arrête.
Dis-moi, Minnie, tu vas où?

Je me rends à Katmandou
Pour acheter des chaussettes,
Un grand pull en laine, tout-doux
Et aussi des allumettes.

Je m’appelle Mickey, au fait.
Minnie est à Katmandou.
Quand mes courses seront faites,
J’irai lui faire un bisou!

Mickey, quand tu seras là-bas,
Pourrais-tu acheter, pour moi,
Une pizza aux anchois
Et des croquettes pour mes chats?

Pour la pizza, c’est okay.
Mais tes chats peuvent se gratter!

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Une souris revient des courses!

Mickey rentre de Katmandou.
Avec, aux pieds, ses chaussettes.
Sur le dos, le pull tout-doux.
Et un casque sur la tête,
Coudières et protège-genoux.

Voyager en trottinette,
On pourrait croire que c’est chouette.
Mais, à force de se gaufrer,
On apprend à s’équiper!

Tiens, ta pizza aux anchois.
Et, je n’ai rien pour tes chats.
Là-bas, une de ces sales bêtes
A dévoré ma Juliette!

Je retourne vite chez moi
Pour fabriquer une tapette.
Une grande tapette pour chats.
Je les prendrai aux croquettes!

Et, car tu vas peut-être me le demander, je ne sais pas ce qu’il a fait des allumettes!

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Fifi, la fofue!

Mon père m’a dit de me comporter en homme. Il ne m’a pas convaincu. Ma mère me dit : « Oh, mon Fifi! ». Mes frères, quelque soit leur âge, me traitent de tante et de folle, ainsi que leurs copains. Je suis en terre étrangère. Je me sens vraiment seule!

Ce n’est pas que j’aime les hommes. C’est que je suis femme, dans un corps comme le leur. Quelqu’un a fait une erreur! Ma grande sœur m’a dit hier : « Moi, j’ai de la chance. Je suis belle et je peux plaire. Toi, ma Fifi, tu n’as vraiment pas de bol! »

Je suis femme dans un corps d’homme. J’ai seize ans!

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Le calvaire de la chenille verte!

Une chenille verte, ça a un long corps, avec des pattes à l’arrière et des pattes à l’avant.
Des pattes-arrière et des pattes-avant avec, entre les deux, un long tube élastique qui lui sert de corps.

Quand elle marche, ça se passe un peu comme ça :

Elle assure ses appuis sur ses pattes-arrière, lance en avant son avant et atterrit sur ses pattes de devant. Elle lance son derrière vers son avant. Elle écrase ses pattes de devant avec ses pattes de derrière. Elle s’engueule et se met des coups de pieds. Elle ne peut pas rester sur place, sinon elle va s’entre-tuer! Alors, elle envoie son avant en avant, d’un coup de pied au derrière. L’arrière est obligé de suivre. Elle ne peut plus s’arrêter!

C’est pour ça que les chenilles vertes mangent autant. Ce n’est pas qu’elles ont faim.
C’est, qu’à être obligées d’avancer, elles doivent manger en marchant. Comme elles ne s’arrêtent jamais, elles n’arrêtent pas de manger!
Et je ne te parle pas de la galère pour devenir papillon.

Et on dit que la nature est bien faite!

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La Chanson des Tréfonds!

Je crie vainement.
Je prozaque souvent.
Je mens tout le temps!

C’est le néant qui m’habite.
Au resto, je prends les frites.
Au ciné, je m’endors vite!

Je tombe toujours du bateau.
Je porte-à-faux beaucoup trop.
J’n’ai pas de reflet dans l’eau!

J’avale tout, je m’abîme.
Je verre-vide en intime.
Et puis je m’approxime!

Je ne ris que quand je bois.
Duplicata avec toi,
Je ne sais pas qui est moi!

Lexomil à l’instant!
N’en ai pas pour longtemps.
Je suis mort en dedans!

Au tréfonds de moi-même,
J’ai caché mon poème.
Tu le sais, toi qui m’aimes!

Je crie vainement.
Je prozaque souvent.
Je mens tout le temps!

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Il était une fois… (suite)

Je me suis encore perdu dans les bois. A un croisement, je suis tombé sur Morte-couille, le lutin d’autrefois. Lui ai demandé ma route, puisqu’il est du coin. Il n’avait pas changé d’un pouce, comme il se doit. Il portait, dans son petit sac à dos, un marteau, une andouille et une noix. Il doit porter l’andouille à son roi. La noix est son viatique pour au moins trois journées. Sans le marteau, petit comme il est, il ne pourrait pas manger! Il me parle des amis qu’il a rencontrés, Chapeau-Laideron et Rocon des bois. Ah non, pas encore ces deux-là!

Il me saoule avec ses logorrhées. J’apprends que Chapeau-Laideron s’est épanouie, femelle, auprès de Rocon des bois qui n’a plus rien d’un rebelle. Elle en oublie le loup, tant le dard de son Rocon chéri fait merveilles! Rocon joue l’ amoureux saoul et transi. La belle fournit l’angeline, nectar suprême. En prime, elle fait la vaisselle!

Morte-couille est las de l’entendre couiner, comme de marcher dans le dégueulis d’une cuite de la veille. Porter l’andouille au roi lui permet de s’ensauver. Il sort de la clairière, fait trois pas et le voilà à nouveau paumé!

C’est à ce moment-là que nous nous sommes rencontrés. Incapable de m’indiquer mon chemin, il me demande le sien!

Je le laisse là et m’en vais. Je ne cherche plus mon chemin. Je veux juste être loin!

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Wild Chipie

Dernière lueur sur l’étang!

Un nénuphar triste, au regard bancal.
Il transporte la neige sur sa fleur pâle.
Il oscille au gré d’un frais vent banal.

Dernier sourire pâlot,
Il se plie, il se noie.
L’ancre le tire sous l’eau.
Il devient boue en bas!

Sourire à la lune et profond naufrage.
Sa fleur, à la lune, est Luciole en cage!

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Pleurette, le Hérisson et la Larmière!

( ou conte pour tes enfants à toi )

Quand elle était petite, Pleurette vivait avec ses parents dans une chaumière, à l’orée du bois. Pleurette n’était pas son vrai nom. Mais tous l’appelaient ainsi, ses parents et ses amis de la forêt.

Son père était bûcheron. Pleurette l’accompagnait souvent. Pendant qu’il travaillait, elle se promenait et jouait avec les animaux. C’est Bobby, le hérisson, qui la chaperonnait. Il la ramenait toujours à son père avant que celui-ci n’ait rangé ses outils, prêt à rentrer.

Pleurette rassurait les animaux, les câlinait. Elle versait bien quelques larmes parfois. Mais, c’était des larmes de joie.

L’automne arrivait. Ce matin-là, comme presque tous les jours, elle alla retrouver Bobby. Le hérisson ne l’emmena pas jouer, cette fois. Il lui parla. Il avait quelque chose d’important à lui montrer. Surprise par son ton sérieux, Pleurette le suivit sans discuter.

— Tu sais que la chasse est ouverte, Pleurette?
— Oui et à chaque coup de fusil, j’ai envie de pleurer.
— Tes larmes vont beaucoup nous aider. Regardes!

Il lui montra une fontaine asséchée , au centre d’une clairière, dans un endroit caché. Un endroit magique et secret! Bobby se tint devant la petite fille impressionnée. Oui, c’est un endroit magique, comme il y en a encore quelques-uns dans la forêt. Voici la Fontaine de la Larmière. Malheureusement, elle est tarie. Quand elle coule, tout animal blessé à la chasse peut y être guéri. Tout animal tué à la chasse peut y être ranimé. Quand la fontaine coule, la chasse ne tue plus. Les animaux meurent de mort naturelle.

L’enfant comprenait ce qu’il disait. Peut-on rendre à la fontaine son pouvoir? Oui, on le peut et on va le faire. Ton père, cette nuit, va venir y accrocher la Larmière et dire la prière. Après ce sera à toi de jouer. Tes parents sont nos plus grands alliés. Rentres vite chez toi. Ils t’attendent et vont tout t’expliquer. L’histoire de la Larmière, sa mère la lui avait souvent contée.

Quand nous avions ton âge, nous nous désespérions du sort des animaux à la période de la chasse. Un jour, nous avons rencontré Bobby. Avec son aide, nous avons redémarré la Fontaine de la Larmière. Plus d’animaux victimes de la chasse! Les chasseurs nous détestaient.
Toute larme versée pour autrui est sacrée. Elle a le pouvoir de guérir, si c’est une larme de Pleurette . Une Pleurette est une enfant choisie par la forêt, ses larmes sont bénies. Elles soignent et remplissent la Larmière qui permet à la fontaine de fonctionner. Ta mère a été la dernière Pleurette, puis nous avons grandi et son pouvoir s’est amoindri.
Depuis, avec le temps, les gens se sont de moins en moins intéressés aux animaux. Peu de larmes sont encore versées pour eux et la fontaine est tarie.
Bien, maintenant je vais me rendre à la fontaine pour accrocher la Larmière. On ne doit pas attendre. Ta mère va t’expliquer ce que tu dois faire, si tu veux être la nouvelle Pleurette.

Pleurette était émue. Ses parents étaient bien les alliés de la forêt. Sa mère faisait pousser des fleurs vertes et bleues, dans des parterres, autour de la chaumière. Elle les arrosait des rares larmes qu’elle pouvait encore verser, maintenant qu’elle était adulte. Elle faisait des onguents avec ces belles fleurs. Son mari entretenait la forêt et utilisait les onguents pour soigner les animaux blessés qu’il rencontrait.

« Je dois pleurer beaucoup? », demanda la petite à sa mère. Non, pas du tout. Va vers les animaux blessés. Bobby t’accompagnera. Occupes-toi d’eux. Soignes les avec les médicaments que je vais te donner. Pleures simplement quand tu as envie de pleurer. Ne te forces pas. Toute larme que tu verseras emplira la larmière magique d’une grande quantité d’eau bénie. Bobby dit que le secret de la Fontaine de la Larmière, c’est la compassion d’une Enfant-Pleurette. Il dit que tu es prête.

Le lendemain, Pleurette partit d’un pas décidé retrouver Bobby. Toute la journée, ils recherchèrent les animaux blessés par les chasseurs. Pleurette les soignait, les cajolait. Elle pleurait beaucoup de les voir si souffrants, si inquiets.

Le temps passa doucement, comme cela se passe là-bas. Pleurette passait presque toutes ses journées dans les bois. Armée de sa petite trousse de soins, elle s’était faite infirmière.
Dans la clairière, la Larmière avait énormément gonflé. L’eau commençait à se répandre dans la fontaine asséchée.

Les parents de Pleurette la réveillèrent de bonne heure, ce matin-là. Elle apprit que la fontaine fonctionnait désormais. Son père lui dit d’aller à la clairière où Bobby et ses amis l’attendaient pour la remercier. Sa mère la prit par les épaules et lui dit: « Les chasseurs ne vont pas t’aimer. Fais en sorte que cela puisse durer! »

C’est un conte, certes. Mais saches que, quand tu vas aux bois, c’est comme si tu entrais chez quelqu’un. Tu entends les oiseaux, déjà? Alors, c’est que c’est habité!

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