
Avec contrainte,
Mais sans violence!
Telle est l’astreinte,
De l’éminence.
Avec contrainte,
Mais sans violence!
Elle est succincte,
Cette ordonnance.
To Pierre-Pierro, Correspondances
Un sourire, un poème!
Je viens m’asseoir sur un banc,
Dans ce grand vent qui fouette.
Le jour est mort, y’ a longtemps.
Le froid a des arêtes.
Je me sens tout différent,
Déjà s’aère ma tête.
Je reste encore un moment
Et ça me désinfecte.
Je prends le froid, sur mon banc.
Je craque une allumette.
Si les poules avaient des dents,
L’histoire serait bien faite!
Je ne reste pas longtemps,
Sous le grand vent qui fouette.
J’ai comme très froid en dedans,
La rhume-au-lit me guette!
Est-ce qu’on t’a rendu fou?
C’est, je crois, ce qu’on m’a fait.
On m’a tordu, par dessous,
Pour modifier mes pensées.
Et on a mis à genoux
Toutes mes velléités.
On m’a traité comme un fou,
Quand j’étais encore entier.
Si je suis plus fou que vous,
Je ne veux plus écouter!
Vous m’avez traité de fou
Et d’esprit contaminé.
Je ne crois plus vos tabous
Ni vos contre-vérités.
Est-ce qu’on t’a rendu fou?
C’est, je crois, ce qu’on m’a fait.