Le machin, c’est la clef!


C’est comme une galerie
De portraits si vivants.
Il fait toujours la nuit
Et leurs yeux sont méchants.

Tu marches sur un tapis
Qui se gorge de sang
Et l’escalier te dit
Que ton pas est crissant.

Dans le creux de ta main,
Un genre de chose-machin,
C’est ce que le Devin
Dit d’avoir dans la main!

Tu n’es pas rassuré;
Le machin a bougé
Et, dans ton poing serré,
Il se met à siffler.

C’est comme une galerie;
Y’a des portraits méchants,
Encore, ici, aussi
Et des armes d’antan.

Tu poursuis le tapis
Et tu as froid aux dents;
La porte a, c’est ainsi,
Quelque chose de vivant.

Dans le creux de ta main,
Tu serres bien le machin.
Si on croit le Devin,
Y’a que ça qui va bien.

Tu n’es pas amputé;
Le machin a claqué.
Et, de ton poing serré,
T’essaies de le briser.

C’est comme une galerie,
Là, encore, comme avant.
Mais là, c’est vite fini,
Deuxième porte bois-vivant!

Tu retrouves le tapis
Qui s’enfuit, en chuintant.
Tout de suite, tu l’occis;
Tu trouves ça trop gonflant.

Tu ramasses le machin
Et le mets dans un coin.
Pour la gueule du Devin,
Si, jamais, tu reviens
!

Tu ne peux pas entrer,
Car tu n’as plus la clef.

Tu n’es pas rassuré
Et tu voudrais rentrer.

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J’ai connu mes larmes, ce jour-là!

Comment il me foutait les flippettes, lui, quand il racontait les histoires. Pourtant, il parlait pas à moi; il causait avec mon père; il était pas si tant plus vieux que moi. Il savait que j’écoutais. La dernière fois qu’il est venu, il a foncé droit sur moi; j’ai su qu’il allait partir, là-bas. Mes frères et moi, on lui a dit Au Revoir, autant fort qu’on pouvait; il a failli sourire; on a couru la voiture. J’ai connu mes larmes, ce jour-là!

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Le songe d’Aymeric!


Il court; il s’occupe de boiter, dedans l’ombre noire.

Vite, il quitte le chemin.
Son genou trembloté s’effondre et l’assoit sur derrière.
Il respire fort et s’appuie de ses mains.
Des ombres sombres et pressées galopent le chemin.
Il les suit de l’orée des bois, puis s’oriente vers l’est.

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C’était un mercredi de 4 février!


Faith a travaillé comme une fourmi en apnée, au magasin, toute la semi-journée. Elle se dépêche; son petit garçon, Hope, est entré à l’Office, en lui faisait un petit signe de la main. Il doit se re-baptiser lui-même; les Agents contrôlerons. Il devrait bientôt ressortir.

Faith allume une cigarette sans y penser. Son parapluie est mouillé.
Elle a froid, mais elle sait attendre. A côté d’elle, une petite voix dit : « Maman! » Elle répond : « Pardon, chérie, désolée! » et elle jette la clope dans son sac. Sous ses lunettes, l’enfant réprouve, mais ne dit plus rien.

— Tu crois qu’il aura un nouveau nom, Hope, quand il va ressortir?
Je peux vraiment faire mon gâteau et mettre le cidrulon au frais?
— Je le crois, Youth. Hope a beaucoup grandi; il est temps d’adapter son nom. Mais je veux pas prier; quand ton père est sorti de là, il s’appelait Chameleon et puis on s’est fâchés.
— Moi, ça me ferait trop réjouir qu’il s’appelle Liberty-kid.
— Me dis pas que tu l’as soufflé?
— Non, non, c’est lui qui a choisi. Attends, son premier choix, c’était: Kid-karaté-tout-chambouler-dans-la -vie-de-Maman-pour-lui-faire-la-surprise-en-rentrant. Hope n’est pas une erreur de jeunesse; il t’était destiné.

Elle attrape la gamine au vol et dérive sur le trottoir, jusqu’à l’échoppe de Light. Elle y achète la farine, deux oeufs, du cidrulon et 8 bougies. De nouveau, le trottoir; sous son parapluie, Youth chantonne. Elles arrivent à l’Office, sous un temps grisé.

— C’est comment t’as eu ton nom de Faith?
— C’est ta grand-mère Félicity que me l’a opté, il y a 5 ans. Tu sais qu’elle vient chez nous à Noël; ils vont la laisser sortir. Ce que je t’ai pas encore dit, c’est qu’elle s’appelle Sérénity.
— Personnellement, j’ai toujours trouvé que, Madness, ça lui allait trop pas. Tu penses qu’il aura pardonné à Papa, quand il sortira?
— Je suis pas dans sa tête; mais je l’espère.

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Il nous faut déclasser les dieux!



Le grand lion qui bâille pour deux,
Il est de la Classe Feu.
On accorde à ce long ver
Une place dans la Classe Terre.
On voit bien, du pédalo,
Que le poisson est classé Eau.

Le serpent nous gêne un peu,
Car il est un entre-deux.
L’oiseau qui nage à l’envers
Entre dans la Classe Air.
Et on revient au serpent
Qui est faux, long et bien changeant.

Pour caser tous les restants,
Il faut la machine du temps.
Mais, elle n’est pas inventée;
Il va falloir attender.
Quatre classes, c’est bien trop peu;
Il nous faut déclasser les dieux!

Ce serpent, sur le gazon,
Entre dans la Classe Poison
Et, quand ça vient de l’enfer,
Tu mets dans la Classe Chimère.
Si on veut zoomer un peu,
Ils sont déjà bien plus de deux.

Et, si on peut zoomer mieux,
On voit bien des genres curieux.
Mais, ça nous regarde pas;
Allons nous mettre à l’endroit.
Je crois pas c’est rigolo
De faire durer ce truc idiot!

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Dans la chambre de blanc!

Je savais pas quoi dire à Maman, quand elle est à l’hôpital. Elle parle pas beaucoup. J’ai le scotch des mots; les autres lui disent tout. Je sais pas écrire et je dessine pas beau. Je sais pas quoi faire pour Maman, quand elle est à l’hôpital. Papa, il a su me lire :

Qu’est-ce que tu voudrais faire pour elle?
— Je voudrais lui sourire!

Il m’a donné un petit papier froissé où c’était écrit: Sourire. Quand je montre à Maman, elle se souvient le mien et c’est beau dans ses yeux.

Maintenant, elle parle plus; mais nous, on continue :
On se fait le sourire des yeux.

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Les mots de Barnabé!


Le radio n’a pas tort;
On est encerclés.
On attend les renforts
Qui viennent pour clamser.

Y’en a un qui s’endort;
Il est fatigué.
Il fait plus un effort;
Lui, c’est Barnabé.

Y’en a un qui est fort;
Il fait que jurer.
Tiens, le noir n’est pas mort;
On le fait durer.

Ah, voilà le raccord;
Ils ont consommé.
Et, comme il pleut dehors,
Ils prennent un café.

On retourne dehors,
Pour tout canarder.
On voit pas le trésor
Qui est à nos pieds.

A défaut de trésor,
On trouve Barnabé.
Il a des mots très forts,
Avant de crever …

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La longue vie de Nobody!


Une épaule à souffrir et la mort du dentier.
Une absence de sourire, puis il s’est enfermé,
Nobody.

La machine à écrire et le papier froissé.
Une odeur de soupirs, le carillon cassé.
Nobody?

Une vieille poële à frire et l’enfer de l’évier.
Une rampe à tenir, puis l’étroit escalier.
Nobody!

La malle à souvenirs et la lumière tachée.
Une grimace de rire, le temps s’est écoulé.
Nobody …

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