On était en Octembre!


L’eau calme frissonnait, sous le vent dentelé.
Le vent se courrouçait et bagarrait les branches.
Une ombre longue et maigre étendait ses filets.
On était en octembre; on était un dimanche.

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Le silence est présent!


La lune vient et déplace
Les abords de la place
Et l’ombre et puis le vent
Se déchirent doucement.

Entre temps et espace,
La lune tombe et se casse.
Dans le fond d’un étang,
Naît un objet brillant.

La nuit sombre se glace;
Déjà, la lune se lasse.
C’est le coeur du moment;
Le silence est présent!

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Tu vois le beau du temps!



Tu vois le beau du temps dans l’oiseau qui revienne
Et le vibrant printemps dans le chant qui s’égraine.
Tu vois le calice blanc et l’époque lointaine
Où il était courant d’attraper des sirènes.

Le beau n’est pas durant, tant se vide la semaine
Et il paraît qu’avant les étables étaient pleines.
Le beau, il est instant. En toi, le capitaine!
Le beau, ça fait longtemps qu’il te parfume l’haleine.

Tu vois le beau du temps dans le vent qui entraîne
Et il paraît qu’avant un orage se déchaîne.
Tu vois le beau des gens et tu connais la peine.
Où est passé le sens de ces mots qui conviennent?

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Le soleil est trop bas!


Je sens encore le gel,
Le soleil est trop bas.
Je n’entends que des ailes
Et le bruit de mes pas.

Je m’approche de la bonde,
Pour regarder tout ça.
Une brume court sur l’onde,
Comme dans un opéra.

Mon pied crisse la semelle,
Sur un voile de froid.
Je dérange une sarcelle
Qui fait claquer ses pas.

Son plongeon fait des ondes,
La sarcelle n’est plus là.
Et, en quelques secondes,
L’étang redevient plat.

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Un dernier, on n’en parle plus!


C’est ainsi qu’il dit à ma mère :
Un dernier, on n’en parle plus!
C’est ainsi que parla mon père
Et ma mère n’a rien répondu.

Et c’est tant qu’il tanna ma mère,
C’est dire tant qu’il était têtu.
Elle le fit, surtout pour lui plaire,
Ce dernier qu’elle n’a pas voulu.

Et je n’ai pas connu mon père,
Il partit, avant ma venue.
Et je dois l’amour de ma mère
A cet homme qui était têtu!

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L’orage est sur le lac!


L’eau se frémisse car elle devient nerveuse.
Au loin, un orage se développe…

Le vent fripe le lac de lames onduleuses.
Quelquefois, un poisson fait un flop.

Quel joli silence, dans la paix acqueuse.
C’est fin du jour, le soleil est myope.

L’eau se cogne un peu et devient mousseuse.
Des bulles se font timbres sur enveloppe.

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J’ai pianoté, sur un ton blanc!


Dur à piocher, comme ça, sans gants.
J’ai pianoté, sur un ton blanc.

J’ai navigué le cours du temps,
Croches acérées, évènements…
J’ai décroché, parfois, vraiment.
Toutes ces années, ces sentiments…

Dur à piocher, comme ça, sans gants.
J’ai pianoté, sur un ton blanc.

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La ballade des canetons!


Un petit chemin
Mène à la rivière.
Et l’on voit passer
Et l’on voit passer.

Un petit chemin
Longe la rivière.
C’est un jour d’été,
C’est un jour d’été.

Trois petits canards
Ont suivi leur mère.
Ils vont se baigner,
Ils vont se baigner.

Trois petits canards
Cherchent la rivière.
Tous à cancaner,
Tous à cancaner.

C’est le temps du bain,
Pour les petits frères.
Ils vont s’amuser,
Ils vont s’amuser!

Trois petits canards
Nagent sur la rivière.
Et l’eau est sucrée
Et l’eau est sucrée.

Bientôt c’est demain,
Fredonne leur mère.
Le temps va passer,
Le temps va passer.

On l’entend de loin,
La voix de leur mère.
C’est un chant sacré,
C’est un chant sacré!

Il y’a du chambard,
Près de la rivière.
Que s’est-il passé,
Que s’est-il passé?

Trois petits canards
Appellent leur mère.
On en sait assez,
On en sait assez!

Trois petits canards
Ont perdu leur mère.
Le loup est passé,
Le loup est passé.

Trois petits canards
Pleurent des rivières.
Et l’eau est glacée
Et l’eau est glacée.

Un petit chemin
Mène à la rivière.
Et l’on voit passer
Et l’on voit passer.

Un petit chemin
Longe la rivière.
C’est un jour d’été,
C’est un jour d’été!

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Du soleil, à la louche!


C’est un tendre bestiaire
Fait de fleurs et de mouches.
Un lézard, en calvaire,
Du soleil fait sa douche.

Le chien vautré par terre,
L’oiseau en escarmouche.
Un rampant ver de terre,
L’aile du papillon louche.

Un bleu lavé pour l’air
Et du jaune en sous-couche.
De petites flèches de vert
Percent le gris qui se couche.

C’est un havre, sur Terre,
Ce printemps qui débouche.
Toute la vie à refaire,
Du bonheur à ta bouche!

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