— Comment ça va, le petiot? — Je ne suis pas un petiot. — Tu es encore petit, non? — Oui, mais ça dépend! — Alors, tu es un petit et comme tu es un gloupiot, je vais t’appeler Petigloupio! — Je ne m’appelle pas Petigloupio!
— Alors, tu es quoi? — Je suis Moi! — Ah bon, tant mieux! Car, à force de t’entendre dire : « Je ne suis pas », je me suis demandé qui tu étais. Cries un peu, pour voir. Que je reconnaisse ta voix! — « iiihhhhhh!! »
— Vous arrêtez un peu, vous deux! — C’est pas moi. C’est lui qui m’a obligé!
Tiens, j’ai une drôle d’histoire à te raconter. Je l’ai racontée aux frères de ton père. Il devrait s’en rappeler. C’est dans la même veine que l’homme aux deux zizis.
Tu es trop petit pour que je te la raconte comme ça. Un jour viendra, c’est sûr, où je voudrai te la raconter. On leur dira que c’est un héritage. Ils seront obligés d’accepter. Pour l’instant, ce sont eux qui décident. Je leur propose une version édulcorée. Elle sera, quand même, dure à comprendre pour toi. Ils devront un peu t’aider.
QuaDriman avait toujours vécu quadruple, de l’enfant à l’adulte. Il s’était habitué. Il était habile, mais un peu empêtré. Avec quatre corps collés par le côté, ça n’était déjà pas facile de s’habiller. QuaDriman est devenu adulte. Alors, il cherche du travail. Il ne trouve rien qui lui soit adapté.
Une annonce retient son attention : « Recherche Homme Multifonction! » A la fin de l’entretien d’embauche, on lui dit: « Vous aurez cet emploi, si vous acceptez d’être objet. »
Maintenant, il travaille chez des personnes âgées. Dans la journée, il se fait échelle ou grillage, si Monsieur veut bricoler. Il se fait étendage, si Madame a quelque chose à faire sécher. Le soir, il fait l’antenne pour que Monsieur et Madame puissent regarder la télé. Le reste de la nuit, il fait le portail, pour empêcher les gens d’entrer.
Il n’aime pas vraiment son travail; mais reconnaît qu’il lui laisse le temps de penser.
« Bouh, bouh, bouh! », hulule le hibou emplumé. Quelle est cette souris étrange, sans poils et qui se dresse sur deux pattes? Je voudrais bien la gober. Mais, elle est trop grosse. Elle ne va pas passer!
« Sssi, sssi, ssi! », siffle le serpent rampant. Je voudrais bien l’avaler. Mais après, je ne pourrais plus avancer!
« Ouap, ouap, ouap », fait le renard rusé. Je voudrais bien la croquer, si elle était plus petite et ne savait pas marcher!
Il n’y a pas, dans nos bois, de bêtes qui pourraient te manger. Certaines peuvent parfois te blesser. Il suffit cependant de les connaître et de les éviter. Elles te craignent bien plus que tu ne les crains. C’est pour ça qu’on ne les voit pas. Elles nous fuient ou se cachent. Elles savent qui tient le fusil!
Tout ce que tu risques, dans les bois, c’est de te perdre ou bien de tomber!
— Alors, mamie-Casserole, que vas-tu mettre dans mon bol? — Ah toi, papa-Gâteau, tu me prépares quelque chose de chaud! –Aï,aï, maman-Espoir, tu ne vas pas me faire manger des choses bizarres? — Dis-moi, tonton-Frileux, qu’est-ce qu’on peut faire griller dans le feu? — J’en suis sûr, tata-Cuisine, encore une nouvelle confiture! — Pas toi, grande soeur-Déroute! Tes cakes de terre, je les redoute! — Et toi, papy-Grincheux, qu’est-ce que tu me proposes de mieux? Une tranche de pain avec, au-dessus, une couche de Rien! Mange ta main et garde l’autre pour demain!
Je crois que je vais mieux manger à l’école, moi!
–Dis-moi, copain Lakdar, je peux manger chez toi, ce soir?
Une chenille verte, ça a un long corps, avec des pattes à l’arrière et des pattes à l’avant. Des pattes-arrière et des pattes-avant avec, entre les deux, un long tube élastique qui lui sert de corps.
Quand elle marche, ça se passe un peu comme ça :
Elle assure ses appuis sur ses pattes-arrière, lance en avant son avant et atterrit sur ses pattes de devant. Elle lance son derrière vers son avant. Elle écrase ses pattes de devant avec ses pattes de derrière. Elle s’engueule et se met des coups de pieds. Elle ne peut pas rester sur place, sinon elle va s’entre-tuer! Alors, elle envoie son avant en avant, d’un coup de pied au derrière. L’arrière est obligé de suivre. Elle ne peut plus s’arrêter!
C’est pour ça que les chenilles vertes mangent autant. Ce n’est pas qu’elles ont faim. C’est, qu’à être obligées d’avancer, elles doivent manger en marchant. Comme elles ne s’arrêtent jamais, elles n’arrêtent pas de manger! Et je ne te parle pas de la galère pour devenir papillon.