Le village était désert!


Il s’est installé dans la maison du bas, celle avec la cheminée, deux fauteuils devant, la grande table derrière. Il a posé ses affaires sur la table et il est sorti chercher du bois. Il a trouvé du café, deux bières au frigo. Il a lancé la cafetière et il est allé s’asseoir devant l’âtre, emportant les deux bières. Un moment, il a lu un journal qui traînait là. Il a repris ses affaires; il a éteint la lumière; puis, il est reparti; c’était plus de minuit.

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Devant l’étang brumeux!



J’allais quelquefois là-bas, pêcher dans l’étang.
J’y allais assez tôt, afin d’y retrouver la brume.

Il aurait rencontré les châtelains et ils ont bien sympathisé.
Ils ont beaucoup parlé du parc. Il avait un travail, puis aussi
Une aimée ; un peu, il peignait. Ils l’ont logé au pavillon bleu,
Contre sa présence et un peu d’entretien. Le parc, c’est ce
Qui l’intéressait ; il y Passait son Temps. Il a peint un étang,
Sous une brume légère. Il a dit que, vraiment, On pouvait le
Faire. Il a dit qu’il peut le faire; eux, ils ont allongé les francs.

L’étang est favorable,
Autant qu’il est secret.
Une faune considérable
Profite de ses attraits.

L’étang est agréable,
A voir sous ses reflets.
La brume se fait variable,
Sous le soleil discret.

Lui, il est parti. Eux, quand ils ont vieilli, ils sont
Revenus habiter là, devant l’étang brumeux …

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On l’embarque et on part!


A priori, elle aime
Se moucher sans mouchoir.
Elle confond le système,
En cassant ses rasoirs.

Et si j’en crois la scène,
Il est là, quelque part.
Plus peureux qu’un hymen,
Il a des idées noires.

Au demeurant, elle aime
Se coucher sans mémoire.
Elle écrit des poèmes,
Avec du sang très noir.

On n’a pas la semaine;
Il est, déjà, trop tard.
Celui qui se ramène,
On l’embarque et on part.

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Du bois devant l’entrée!


Un abri? Il fuit ; il quitte l’orée pour un vieux village. Du bois devant
L’entrée, un puits, quelques navets dans un jardin, trois canards …
Au petit matin, un chien viendra quémander. Il y restera trois jours.

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Comme ça, il apprend!



— Est-ce que tu as une personne de confiance vers qui tu peux te tourner?
— Oui, mon oncle! Mais, je lui ai pas dit car il va aller cogner mon père et il est beaucoup plus petit.
— Il est comment, ton oncle?
— Il est gentil, tout doux. Il a pas fait beaucoup l’école. Il me ramène des cailloux, quand il rentre de vacances. Moi, je les montre au prof ; comme ça, il apprend.

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A la Passe d’Amane!


« A la Passe d’Amane, tu verras l’étranger. Escorte-le jusqu’au village! » Aymeric a onze ans et il a l’esprit vif.

Jusqu’à leurs dix ans, les enfants restent avec les femmes ou ils vont à la rivière; on ne les fait pas travailler; mais, ils peuvent participer. Pour que règne le calme, deux vieux jouent de leur musique et regardent; souvent, les mamans fredonnent.

Aymeric a trouvé l’étranger. Un instant, il l’observe: ses longs cheveux, des yeux qui regardent, un teint lunaire. L’étranger prend ses affaires et rejoint l’enfant. Il est curieux de tout, car il ne connaît pas; il vient de là-bas. L’étranger porte à son cou un flûtiau. Aymeric n’en n’a jamais vu; mais, il sait que c’est pour la musique; il attend. Assis près du feu, l’étranger joue une plainte plaintive. Les deux vieux s’installent à son côté. L’étranger est debout; son pied frappe la cendre; le feu lance des reflets oranges.

A leurs dix ans, ils commencent à suivre la traque et comprendre la pluie; ils aideront un peu plus, aussi.

A la Passe d’Amane, Aymeric salue l’étranger. Il porte à son cou le flûtiau donné; un jour, il prendra la passe, pour visiter l’étranger …

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Tu leur donneras la Clef!


Deux enfants étaient là; je les ai entendu crier. Ces enfants que nul
Ne réclame, je les veux; c’est combien? Tu veilleras à ce qu’ils aient
Un bain, des habits, à manger chaud à la cuisine et tu leur donneras
La chambre du fond; tu leur donneras la Clef. Demain, ils ont école!

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La lune éclaire un peu!


Un vent hargneux se cogne aux arbres
La brume s’étire en longs doigts continus
Il n’est pas seul; un petit se serre contre lui
Le chemin est long; la lune éclaire un peu
Le grand boite bas et le petit est fatigué
Ils ont les petits pas des oiseaux blessés
Il fait froid; la neige écrasera le silence

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Tous les arquets sont bons!


Dans le fond du jardin,
De l’aube, de la lavande
Et un bouquet de thym,
Le regard sur la lande.

Tous les arquets sont bons;
Il n’y a pas de traces.
Allons à la rivière;
Il y venait, hier.

Tout à côté du puits,
L’ombre des roses tendres;
Une chaise prend appui
Où le mur veut se fendre.

Le long piège à poissons
N’a pas changé de place.
Allons voir à l’étang;
Il y venait, souvent.

Dans le haut de la grange,
Des paupières se dessèchent;
Une faux, en alfange,
A côté d’une bêche.

Les lignes sont au fond;
Une d’elles se déplace.
Retournons par les bois;
Il y venait, parfois …

Tout au fond de l’aiguier,
Immobile, une perche;
Le lupin incliné
Que l’abeille recherche.

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