S’Nicoula da Bié, triptyque!

J’irai dormir dans les bois.

J’aime bien le vent dans les arbres quand il se cogne un peu partout.

Arbres musiciens! Bouleau sur la lande et longs sapins qui m’abritent se répondent. La chouette. Les pas feutrés. Les craquements. Tout à coup insectes et oiseaux. Fanfare, concert de nuit? Couché sur le sol, Hollywood tout là-haut!

Mes pas dans la salle de spectacle sont un éboulement. Silence!

A la St Nicolas,

On déjeune à la terrasse de l’auberge. C’est simple et bon! C’est la fête au village; ça braille dans tous les coins. Le sourire de la jeune serveuse est radiant.

Beaucoup de couleurs dans les vêtements des femmes. Des touristes allemands en goguette! Les clochent sonnent midi. Un chien boit à la fontaine et s’insinue dans la foultitude des jambes endimanchées.

Un cycliste sur ses godasses à cales. Il vient demander de l’eau. Il a la tétine de sa gourde dans la bouche; il marche comme un pingouin. On dirait un extra-terrestre!

Deux cafés, s’il vous plaît!

All-focus

Par chez nous!

Un des trucs qui font que la vie est belle, c’est qu’on y rencontre des gens. A l’effleurée ou en Parler-vrai, ça se vaut!

On bute sur une montagne à la sortie du champ. On va à St Nicolas pour entendre chanter le vent. Des temps de montagne, toute l’histoire est là!

Il y a des moustiques. Je me demande comment ils font.

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Des voix dans le vent!

Rocher, dis-moi l’hiver…

Le vent revient avec l’écho d’époques lointaines.

Il dépose quelques notes de Vian trouvées sur un champ de bataille. La voix de Manset dans les branches d’un arbre mort. Une petite voix flûtée qui chante Norj .

Leurs voix se mêlent à d’autres et toutes doucement s’accordent.

C’est la vie qui tourbillonne autour de moi. Sur mon petit îlet bétonné, je ne l’entends plus guère!

Oiseau libre, éternel migrant, dis-moi le printemps…

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Laissez-nous, on discute!

A Michel G.

Il marche pieds nus sur les graviers. Il quitte ses chaussures dés qu’il sort du boulot. Apache? Non, il est d’ici. Il assume!

Châtain, l’air costaud. On ne le désarçonne pas comme ça!

Lèvres écorchées, mais mots donnés!

Regard-loupe, droit face au monde. Ses lunettes n’ont jamais empêché de voir ses yeux. Il y a tout dans son regard.

Michel voit les gens. Combien de gamins il a écarté du danger? Combien, encore, il en aidera? Nul le le sait. Ce sera dans l’intime, en privé. Respect!

Il est venu vers moi quand j’agonisais. Il m’a ramassé. Toujours, pour ça, je le remercierai.

Educ dans l’âme, secourable, participant! Le monde qui n’avait pas l’air de vouloir de lui au début, maintenant s’excuse!

Il a un billard chez lui. J’irai bien. Histoire de boire deux bières et lui foutre une raclée. Non, avec lui, il faut avoir toute la nuit pour discuter.

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Quand tout est Chagrin!

Monde cruel, à mes larmes, vas-t’en remplir ton seau!

Quand la bonde est levée. Quand je deviens éponge gorgée!

Je ne sais plus si je morve, je ne sais plus si je pleure. Vingt centimètres plus bas, ça se rejoint tout.

Je descends d’un cran; mon coeur va lâcher. C’est toi que je pleure. Un cran encore, je tombe à genoux dans une presque flaque. La douleur m’enserre. Encore un cran et je meure! Je fais tout pour ne pas descendre plus bas; je me tiens à la table. Je suis en train de saigner. T’es pas là. Ce que tu peux me manquer!!

Je me rappelle ta main sur mon épaule quand, rien qu’en te regardant dans les yeux, pour la première fois, pour toi, j’ai craqué. Tu me voulais fort; tu étais affolé.

Ton petit bras fragile est arrivé à me redresser. Je me rappelle; alors petit à petit ça va mieux. Je m’essore! C’est reparti.

Attends-moi une minute. Je passe un coup de serpillière et je reviens. Plus de traces!

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Avec des mots, on bâtit des mondes!

Parfois, je rêve de parler une autre langue.

Me réveiller d’un court coma. Surpris, au regard des autres! Parlant, pensant et ressentant mi-espéranto, mi-poétique.

Une langue universelle. Que tous peuvent comprendre. Ou, à travers laquelle, tous peuvent s’entendre!

Avec des mondes, on enrichit les mots!

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Et si on se découvrait du coeur, brusquement?

Tant que la verve me tient.

Je vais parler de quoi aujourd’hui? Parlons des migrants.

Quand ils arrivent ici, à part quelques mains tendues, téméraires, que trouvent ils?

Où sont l’eldorado, la terre d’asile? Certainement nulle part. Les Noé sont morts ou sont vieux comme Mathusalem, cassés, infertiles. Ce qui est pire, en mon entendement!

Des migrants, j’en parlerai sûrement demain encore. C’est trop important!

Histoire de perturber le concert des « Pas chez Nous » qui les persécute. Je n’ose plus penser pouvoir convaincre. Il faudrait arrêter le temps. Je bute!

J’aimerais qu’ils me parlent, qu’ils me disent, eux!

Je prêchais dans le vide. Je finissais ruisselant. Je me tapais des bides. C’était pas probant!

Lord, ce goût de sang dans la bouche. Dégoût!

Aujourd’hui, je chantonne. C’est plus amusant. Je chante la même chose. Que dire si j’échoue? Rien, en m’y remettant.

Allez , viens, Frère-migrant. Viens, je t’attends!

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A ma Mère! (impros sur instru de Léo)

Ma maman, ma maman!

Je la vois de temps en temps.

Je sais qu’elle ne va pas bien. Je n’ai pas droit de sortir de mon lit. Je n’ai que dix ans!

Il y aura deux maisons. Les assistantes viennent me voir et me font faire un dessin.

Il y a une garde alternée! Mais on ne nous a rien demandé.

Des nouvelles de ma mère, ce n’est pas souvent que j’en ai. Elle n’est pas en vacances. Elle est internée. Mon père dégringole!

Puis on s’habitue. Puis on s’habitue. Puis on s’habitue!

On rentre du centre social et on apprend la mauvaise nouvelle. Marc, mon oncle sont là. Dans cette famille, pour que l’on soit tous réunis, c’est l’enfer. Il y a quelque chose qui s’est passé!

Mes frères pleurent. Mon père pleure. Les autres adultes sont ruinés. Moi, mes larmes sont asséchées! Je me force à pleurer. Je n’y arrive pas; je ne me sens anormal.

C’est la première fois que je n’arrive pas à pleurer. Alors que je suis malheureux!

Pourtant je l’aime, moi aussi!

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Les Noms qu’on m’a donné!

Avant, j’étais Marc. Marcus pour Marie, Marco pour Pierro! Les jeunes, ici, m’appellent Nostramarcus, Marcintosh. Sir Williams m’a adoubé. J’ai été baptisé ce soir. Je me nomme Nathanaël désormais!

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Hymne à Boubba!

« Moi, Williams, je viens de la ddass, il me faut un monde libre! »

Je me suis fait, mais je ne suis pas sûr d’être fini. Je suis un parleur et je n’entends pas. Plusieurs vies, plus de trente ans d’histoires à raconter!

De la douceur envers les autres, une dureté vers moi. Faux amis!

Pauvre Rutebeuf, je vois la vie comme une toile d’araignée. Mes vrais amis, je ne les ai pas perdus, ils sont au centre de ma toile.

Case prison, retournez à la case départ. Ne touchez pas 20.000! Reste l’espoir!

Tout seul dans mon coin, désossé. Mon ami, mon chien, tu me confortes toujours!

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Brèves de comptoir!

A Bernard, à Thierry!

Bernard! Je m’arrêtais chez toi avant d’aller au boulot. Compagnon sur ma route un moment, je t’ai recroisé dans un bar. Tu discutais avec Renaud. T’étais poète quand t’avais quatre grammes! Tu savais aboyer quand c’était l’heure. Pas solitaire mais vagabond, amoureux des gens et des étoiles!

Thierry! T’étais jeune, t’étais tranquille. Tu m’avais aidé à trouver un toit. Tu n’attendais rien en retour. Toi aussi, la tisane! T’auras essayé. Mais peut-être que t’es encore là. Fais moi signe!

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