D’abord lui, le premier!



L’amiral Toussoté
Buvait à la Galade;
D’abord lui, le premier.

L’amiral Toussoté
A bloqué la cabrade
D’un gros requin-dentier.

L’amiral Toussoté
A jeté la tornade
Sur les Calarmités.

L’amiral Toussoté
Buvait à la Galade;
D’abord lui, le premier.

L’amiral Toussoté
Dit à la cantonnade:
La mer sert à pisser.

L’amiral Toussoté,
Ce fier Narin de rade,
Sur de l’eau a glissé.

L’amiral Toussoté
Buvait à la Galade;
D’abord lui, le premier.

Facebooktwitter

La geste d’Enguéran!



Enguéran d’Imbault, puisqu’il s’agit de lui, était né d’Imbault, un soir d’après-midi. Enguéran, ça veut dire Lame de corbeau et Imbault, je sais pas trop.

Il se tenait dans l’ombre;
L’ Autre avait de belles dents
Et il cherchait la tombe
Au vieux père d’Enguéran.

L’ Autre était en surnombre
Et son père est blessant.
Devant son père qui tombe,
Enguéran mord ses dents.

Il se tenait dans l’ombre
Et c’était un enfant.
Et, quand son père succombe,
Il se hurle en dedans!

Enguéran le mauvais-sang, la lame regarda vers la nuit et ses mots dirent : Il est ici.
Il ne connaissait de l’Autre que son oeil ; c’était bien un Autre, mais ce n’était pas lui.




Chapitre 1 : Au revers des étoiles!


L’oeil était dans la combe et regardait Enguéran.

Enguéran n’avait pas trop compté les chopes. Il venait de perdre aux dés; il chantait :

Aujourd’hui, j’ai plumé
Le cou de la galcine
Et crevé les poulets
Qui lui tirent la tétine
.

Il était arrivé la veille au village des croquants et il cherchait un guide, pour traquer à la Passe des Géants. Tu vois le sent-mauvais, là-bas, qui a dans les seize ans? Son esprit est troublé; mais il connaît bien le col.

— Je veux ses deux griffes.
— Je connais sa caverne.
— Tu t’appelles comment?
— Je m’appelle Aymeric.

Le col était encore loin. Aymeric avait fait le feu, donné l’avoine et rassemblé le bois. Il plongea le lapin dans le bouillon et rajouta une main de gousses de fouzêne pour agglutiner.
Il essuya ses doigts, chantonna une galbée, se posant pour dormer.
Le ciel était grégeois et les montagnes calvicines; on n’entendait presque plus rien …


Il est de quoi cet Autre,
Ce qui vous amène là?
Et que t’a fait cet Autre
Que tu pardonnes pas?

Je suis pas une mollette;
J’ai attrapé mon pieu.
J’ai toujours, dans ma tête,
Le regard de ses yeux.

Je connais pas ton Autre;
C’est un démon de quoi?
Le géant, c’est le nôtre
Et, moi, je ne l’aime pas.

Quand Enguéran sortit du silence, lui demander : Où se cache ton géant?, l’enfant était dormant. Enguéran, un frêle instant, veilla.
Il s’amusa de la galbée d’Aymeric, excusant ses seize ans :

C’est des sons frénétiques,
Un concert de mamelles.
La chanson d’Aymeric
A encharmé les belles.



La colère d’Enguéran, chapitre 2!


Il fait claquer ses griffes
Devant l’oeil de son père.
Avec quelle je te griffe,
Pour te faire funéraire?

A trop parler de l’Autre, il s’en vient dans les bois.
Et l’enfer est tout autre quand tu entends son pas.

Enguéran, le mirant
De son oeil indocile,
Souriait de ses dents,
Ne bougeait pas un cil.

Montre-moi, si c’est toi,
Si tes yeux sont les siens.
Apparais devant moi,
Que je vois l’assassin!

Cette griffe est tienne; elle est ton héritage.
Aymeric, dés demain, je repars en voyage, 
.




Chapitre 3 : En suivant l’Eurasine!


Il a rampé dans l’ombre,
Sur son genou saignant.
Il a creusé la tombe
De son père si aimant.

Avec quelle je te griffe pour te funéraire, devant ton enfant caché ?


La nuit avait été tranquille et nul ne les poursuivait. Enguéran regardait sa lame, pourtant bien aiguisée. Le grand soleil-enclume se paraît de drapées. Il n’y avait pas de brume dans le vent poursuivé. Le cheval d’Aymeric piaffait, sous le corbier.


Assis près de la tombe,
Enguéran se taisait.
Sur le rocher-rotonde,
Aymeric se hissait.

L’Eurasine était boite
Et elle se clochetait
Sur le sentier étroite,
Quand le vent rugissait.

Il a tendu un rhombe,
Au bout d’un cordelet.
Dedans la lumère blonde,
Son corps était grelet.

L’Eurasine était cloite
Et sa voix se taisait.
Dans la lumière étroite,
Son ombre s’étiolait.

Elle grava, dans le sable, un oeil qui s’approchait.


Ils suivirent l’Eurasine,
Le village était là;
Entrèrent à l’officine
De la vieille Kounéma.

Il faut quitter la ville,
Passer le pont de bois,
Remonter la Nambile
Et chercher le méplat.


Un gredin, en gambille, lançait des bouts de nez. Une fille dansait nombril devant quarantenais; pétrifié comme une quille, Aymeric rougissait. Dans un coin, immobile, Enguéran se tenait. Un grand chien tranquille vint pour le compagner. Enguéran pense en vrille, devant la joie chantée; il revoit Nile, sa petite soeur, en dansée.


Il portait une jabyle
Et une ceinture en croix.
Son capuchon de bryl
Le rendait plus matois.

Il faut quitter la ville
Et reprendre la voie.
Je t’ai pris une jabyle;
Enguéran, lève-toi.

Facebooktwitter

Dans les grands yeux d’Isabell



Je grimpe après l’escabel
Et m’insinue au grenier.
L’odeur de poussière-recel
Et la lune pour éclairer …

La poussière sent Isabell
Et ses pelotes, au plancher.
Elle est là, sa vie est belle,
Car je l’entends chantonner.

Je parle avec Isabell
Et je la fais rigoler.
Elle glougloute des aisselles
Et me fait sa révérée.

J’ai des nouvelles pour elle
Et, parfois, de la pâtée.
Elle surveille mes poubelles
Et elle viendra m’alerter.

Quand je reprends l’escabel,
Elle me regarde m’éloigner.
Dans les grands yeux d’Isabell,
J’aime à venir me plonger!

Facebooktwitter

Puis le chat a sifflé!




Puis le chat a sifflé,
De sa voix chasseresse.
J’étais là, à glander,
Tout au bord de l’ivresse.

Oui, mon chat sait cafter,
C’est à ça qu’on le dresse.
J’ai suivi sa lorgnée
Et j’ai perdu l’ivresse.


Un vent tourbillonné
Tourbillonnait sans cesse,
Restant à demeurée,
Même lieu, même vitesse.

Les oiseaux trop pressés,
Plongeant dans la tornade,
Sortaient, sattellisés
Vers une autre ambassade.


J’en ai vu s’amuser
A surfer sur les vagues.
Puis, un grand échassier
Y a perdu sa bague.

Le vent tourbillonné
A baissé de vitesse.
Plus une herbe froissée,
Ni de poil qui se dresse.


Que le chat ait sifflé
Un air plein de promesse,
Tu veux pas le croyer
Et tu files, en vitesse.

Si le chat veut chanter
La vie enchanteresse,
Je vais pas l’arrêter,
Mais lui faire des caresses!

Facebooktwitter

Il s’agit de l’Ange Noir!


C’est sa marque de fabrique,
C’est lui qui est passé.
Sous ses airs angéliques,
C’est toujours un damné.

Ce désert désertique,
C’est lui qui l’a pelé.
C’est sa marque de fabrique.
Il ne va rien laisser!

Facebooktwitter

Chez Primo-Cercueil!

Il se sentait un peu serré et l’orteil de son pied se calait sous son nez.
A part ça, ça allait. Il allait réserver!
Ils ont de bons conseillers, chez Primo-Cercueil.

Facebooktwitter

Tu mords dedans la chair!


La terre était de pierre,
Tu ne vois que du vent.
Tu mords dedans la chair,
C’est encore du serpent.

L’horizon fait des vagues,
Agite un mouton blanc.
La chaleur te divague,
Tu n’es plus très constant.

Tu as baissé ta garde,
Pour le temps d’un instant.
L’oiseau, qui te regarde,
Part avec ton serpent.

Tu t’allonges sur la terre
Et t’endors, en tremblant.
Des souffles de poussière
Viennent se mêler au vent.

Tu rêves à de la bière,
Pendant un court instant.
Une flèche incendiaire
Vient percer ton auvent.

Facebooktwitter

Le prince bancal!


Quand il est sur l’eau, il fait des ronds, des boucles, au lieu de filer comme le vent. C’est un danseur sur étang. Il en connaît les recoins, les humeurs, les instants. On le voit partout, ailleurs, quel que soit le temps. C’est un petit seigneur! Et c’est le seul qui reste, d’ailleurs.
Les autres se sont pris des pruneaux…

Facebooktwitter

Le conte inabouti!



Non, pas ton conte des mille-ennuis.
Quelque chose qui intéresse!

La princesse Mierda était une autruche. Elle était conne comme cent ans. Faut dire que les fées qui venaient de la ruche ne l’avaient pas loupée. Accessoirement, elle était gaufre-cruche, surtout quand elle voulait danser. Et, bizarrement, même ses ours en peluche faisaient ce qu’elle disait.

Le prince Grolant était lourd de puces. Son accent était troublant. Il était goéland devant, mais derrière c’était Bruce. C’était un prince changeant. Ce n’était pas pour ça qu’il était ventre-puce. C’était pour une question d’argent. Et pour les puces, il avait une astuce, c’est de se gratter souvent.

Le cheval Brêlois sortait de la bûche, mais il était bien matois. Plutôt que de porter une de ces deux cruches, il a filé par les bois. Et si il y a rencontré des embûches, jamais on ne le saura.

Je vous ai présenté les personnages.
Vous voulez l’histoire ou on reprend le livre?

Facebooktwitter